Emmanuel Delacour/TC Media Les personnages et animaux en peluche conçus à partir de dessins d'enfants tiennent une place privilégiée au cœur de l'espace artistique de Mme Bouchard.

Nichée sur l’avenue de Lorimier dans La Petite-Patrie, l’artiste Claude Bouchard a su créer un espace qui fera rougir d’envie les sculpteurs, peintres, poètes et tous autres créateurs du quartier.

À mi-chemin entre boutique et salle d’exposition, les murs de la demeure de Mme Bouchard renferment l’œuvre de toute une vie.

Humblement, celle-ci affirme toutefois ne pas vouloir faire de l’endroit un lieu dédié exclusivement à ses créations. «Ça serait de l’esclavage que de me promouvoir constamment», lance-t-elle un peu à la blague.

L’artiste qui a été exposée à Nuremberg, Paris, Londres et New York, pour ne nommer que ces villes, préfère partager la salle située au coin de Bellechasse et de Lorimier avec d’autres artistes.

«Je veux créer quelque chose d’éphémère ici. Nous pourrons avoir des projections ou des expositions. Il y a toutes les installations nécessaires», souligne-t-elle en pointant le mobilier moderne.

En effet, pendant trois années celle-ci a procédé à la rénovation complète des lieux, du sous-sol jusqu’au toit, en passant par les fondations. L’ancien établissement, un vidéo club, comprend aujourd’hui même un observatoire avec une vue à 360 degrés du quartier, un attrait qu’elle aimerait peut-être partager avec le public, lors d’événements.

De l’art à l’étoffe: l’œuvre de Claude Bouchard
Lors de sa rencontre avec TC Media, Mme Bouchard avait pris le temps d’exposer les œuvres marquantes de son parcours, parfois sorties d’archives personnelles datant d’il y a plus de avait pris le temps d’exposer les œuvres marquantes de son parcours, parfois sorties d’archives personnelles datant d’il y a plus de 50 ans. Sur une longue table au centre de la pièce, des articles remontant aux années 1970 relatent ses moments forts.

Le joyau de la carrière l’artiste, une série de peluches qu’elle conçoit depuis sa sortie de l’École des beaux-arts de Montréal en 1962, avait marqué le milieu des arts à l’époque.

Intéressée par les dessins d’enfants, celle-ci s’en inspire pour les reproduire en trois dimensions, sous forme de peluches. L’idée qui lui est venue alors qu’elle n’avait que 19 ans fera fureur. Quelques années plus tard, ses œuvres sont exposées autour du globe et plusieurs séries des petites sculptures de tissus seront vendues par millier, et ce, jusqu’au Japon où le concept charme les petits et les grands.

À partir des années 1970, l’artiste répétera l’expérience à partir de dessins d’enfants âgés de 2 à 14 ans, issus de 91 origines ethniques différentes et vivants à Montréal. «En regardant leurs autoportraits, on se rend compte qu’il y a une universalité dans les traits. On dessine tous de la même façon à un certain âge», explique-t-elle. Meilleur exemple présenté par l’artiste, le dessin d’un petit garçon issu de la communauté juive hassidique, en tous points semblable aux autres.

Au-delà de son œuvre qui porte un regard fascinant sur la psychologie infantile, plusieurs autres œuvres ornent les lieux, dont les Robes parapluie qui, comme le nom l’indique, sont fabriquées avec le tissu de l’appareil qui protège des intempéries. L’idée qui aura piqué la curiosité des designers «verts» sera entre autres présentée à la Semaine de la mode en 2009.

Pour plus d’informations sur l’œuvre de Claude Bouchard, contactez le 514-278-5390.

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