Photo prise par CBC - graciseuté de Christian Houle Christian Houle lors de son passage à Dragon's Den

La dernière année a déboulé très vite pour Christian Houle. Le 18 novembre 2015, le Trifluvien donnait officiellement le coup d’envoi d’un projet qui, à n’en pas douter, changera sa vie, en plus de révolutionner une parcelle du monde de la technologie audio. Il lançait Phazon, par le biais d’une campagne de socio-financement.

Il s’agit d’écouteurs sans fil miniatures, imperméables, à l’épreuve des chocs et épousant parfaitement l’orifice du conduit auditif. Un concept que le sportif a peaufiné durant deux ans et demi avant de le faire connaître au grand public.

«On s’est préparé des mois avant la campagne, raconte Christian Houle, qui a travaillé jour et nuit sur ce projet. Il fallait absolument donner une bonne impression dès le départ. On a tout misé là-dessus. Pourquoi? Parce que je savais, après avoir exploré le milieu avec une application que j’avais lancée pour iWatch, qu’il fallait un produit « sexy » pour percer. Et ça, ça passe inévitablement par le marketing et la promotion.»

Il faut croire que la stratégie était la bonne, puisqu’à la première journée de la campagne, pas moins de 100 000$ US étaient recueillis. Au terme de la campagne, 60 jours plus tard, la cagnotte s’élevait à 1,5 M$ US (2,2 M$ CAN).

Afin de pousser encore plus loin la mise en marché de son produit, le Trifluvien a décidé de présenter son invention à l’émission Dragon’s Den, diffusée à CBC. «Il y a 2 ou 3 millions de Canadiens qui regardent le show. Ça aide aussi à attirer l’attention des Best Buy, Wal-Mart et Amazon de ce monde», sourit celui qui a finalement accepté de céder 20% des parts de son entreprise évaluée à 3,3 M$ à 4 des 5 Dragons, après avoir refusé que le cinquième achète la totalité de son entreprise pour 4 M$.

Il est bon de préciser que même si l’émission a été enregistrée le printemps dernier, Christian Houle saura seulement en janvier ou février si les Dragons poursuivront l’aventure avec Phazon. «Ils attendent que la production soit commencée et que le produit soit sur le marché. Pour le moment, on est encore en pré-commande. On devrait lancer le produit à la fin janvier. J’aurai en main les prototypes finals d’ici 2 ou 3 semaines.»

Celui qui a grandi à Cap-de-la-Madeleine ne s’en fait pas outre mesure si, pour une raison ou une autre, les Dragons changent d’idée et décident de ne plus investir. «Mon projet verra le jour avec ou sans leur participation, puisqu’il me reste encore beaucoup de fonds», poursuit celui qui a investi 15 000$ de sa poche depuis le début du projet.

Du potentiel et de la créativité
Par ailleurs, Christian Houle estime que son produit présente un gros potentiel. «On a une connectivité bluetooth incroyable dans de l’équipement vraiment petit, commente-t-il. Tout au long du développement, je me suis rendu compte qu’on faisait des choses complètement nouvelles.»

Pour réussir ce tour de force, il a su s’entourer d’une équipe créative et talentueuse. «Ça n’a pas été facile!», se remémore-t-il en riant. «Pour trouver un ingénieur électronique, j’ai dû m’immiscer quasiment illégalement dans la section TI d’une foire de l’emploi pour faire du recrutement! J’avais envoyé des courriels à toutes les universités pour voir si elles pouvaient m’en référer un, mais le taux de réponse n’était vraiment pas génial!»

Aujourd’hui, il a à ses côtés deux ingénieurs (un senior et un junior), un designer industriel, un spécialiste du 3D et un gestionnaire de croissance. Ensemble, ils ont de belles visées: «On a d’autres produits qui s’en viennent. On vise notamment les jeux vidéo et le e-sport»

Mais avant d’aller plus loin, ils se concentrent sur Phazon, dont ils veulent assurer le succès: «Quand j’ai eu l’idée de Phazon, aucun produit du genre n’existait, explique Christian Houle. Entre-temps, deux écouteurs semblables ont été mis en marché. Or, ils sont plus gros et plus chers, en plus de rencontrer des problèmes techniques qu’on n’a pas.»

Évidemment, toute l’équipe de Phazon est fière du produit. Mais elle garde les pieds sur terre, sachant que ce sont les consommateurs qui auront le dernier mot. «C’est le marché qui va décider si c’est viable ou pas, philosophe le chef d’entreprise. Mais je pense sincèrement que ça l’est, et qu’on a lancé le produit au bon moment. Les résultats de la campagne de socio-financement sont un bon indicateur.»

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