Ici Radio-Canada Première Joseph Facal, à gauche, lors de son passage à l'émission Médium Large.

Désormais, Joseph Facal ne rate aucune occasion pour intimer aux nouveaux arrivants de s’assimiler ou d’assumer l’échec de leur immigration!

Pourtant, vendredi dernier, le thème proposé à Medium large d’Ici Radio-Canada Première offrait l’occasion au chroniqueur du Journal de Montréal de rendre hommage à l’apport de l’immigrant dans une société comme la nôtre. Mais il en a rajouté.

L’animatrice Catherine Perrin parlait de six clés identifiées dans un article du magazine Time qui garantissent la réussite de nos enfants. Le fait d’avoir un des parents d’origine ethnique différente serait le premier atout.

Dès le début, le professeur des HEC de Montréal, lui-même issu de l’immigration, a voulu surtout distiller son point de vue implacable sur l’assimilation. Je le cite textuellement: «Vous noterez que, au Québec, au Canada, le discours sur l’immigration est souvent un discours qui pose l’immigrant comme une sorte de victime. Je n’ai pas senti du tout ça dans l’article […] ni dans ma vie. On a fait le choix de venir ici. Ça impose des sacrifices. Ça impose de changer un certain nombre d’habitudes. Eh non, nous n’avons pas voulu recréer l’Uruguay de mon enfance. On était au Québec, on devenait Québécois. Dans l’article, ils veulent devenir Américains, ça, ça me semble une condition du succès: embrasser pleinement sa nouvelle société.»

En une courte intervention à la radio publique, Joseph Facal a voulu faire entrer dans la tête de l’auditeur moyen que si l’immigrant échoue dans son intégration, c’est qu’il a refusé de consentir assez d’efforts pour devenir Québécois.

Certes, l’immigrant doit assumer son choix et faire des sacrifices, mais il ne faut surtout pas éluder le fait que ce choix est une responsabilité partagée entre l’immigrant et sa société d’accueil qui a investi énormément pour le séduire et le sélectionner.

Par ailleurs, en parlant des nouveaux arrivants, on dirait que le professeur chevronné parle d’automates. Or, il parle d’êtres humains. Chacun son histoire, son individualité. La culture n’est pas un ramassis d’applications disposées dans un disque dur qu’un immigrant formate à sa descente d’avion pour le bourrer de nouvelles d’un clic.

En effet, quand des êtres humains perdent tout, leur famille, leur réseau social, leur statut social, si certains y voient une opportunité, d’autres se replient sur eux-mêmes ou s’effondrent. Personne n’est à l’abri de l’acculturation. Personne!

Dans l’absolu, l’expérience de l’immigration est déroutante. Parlez-en à des Français de souche qui sont nouvellement arrivés chez nous. Eux aussi sont issus d’une culture judéo-chrétienne similaire à celle du Québec, mais plusieurs parmi eux trouvent leur intégration à notre société ardue et touchent le fond.

Avec sa vision martiale de l’immigration, Joseph Facal ne cesse de saccager le travail de milliers d’employés du ministère de l’Immigration du Québec et de ses partenaires qui s’activent comme des fourmis pour rendre l’expérience de l’immigration la plus supportable humainement. Hélas!

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