Cette semaine, les musulmans ont été sur la sellette au Québec à trois reprises, à cause de leur fête du sacrifice, des accommodements qu’ils « reçoivent » et de leur mosquée!

En début de semaine, les musulmans du Québec ont célébré l’Aïd al-Adha, leur fête du sacrifice. Rapidement, une image a fait le buzz pour dénigrer un groupe de musulmans sacrifiant des moutons en plein air.

Dans la foulée, une autre nouvelle a pris d’assaut les médias : deux écoles de la CSDM ont fermé leurs portes l’espace d’une journée pour permettre à leurs élèves et enseignants musulmans de fêter l’Aïd al-Adha.

Et ce n’est pas fini. Une troisième image a relancé ce buzz négatif sur les musulmans, celle de la présence du premier ministre du Canada, Justin Trudeau, dans une mosquée d’Ottawa imposant la séparation entre hommes et femmes.

Qu’on se le tienne pour dit, on est en démocratie libérale et il est tout à fait normal de discuter sans aucun tabou de tout, notamment des religions. Mais la décence du monde civilisé impose aussi le respect de l’humain, particulièrement des minorités.

La grande majorité des musulmans du Québec ont été séduits par notre ministère de l’Immigration avant d’être triés et sélectionnés pour joindre leurs destinées aux nôtres. Or, une fois ici, oups, certains se rendent compte qu’ils sont musulmans, que leurs mosquées ne tolèrent pas la mixité, qu’ils égorgent des moutons une fois par an pour célébrer l’Aïd al-Adha, qu’ils jeûnent un mois par an ou que certaines de leurs femmes se voilent!

Quant à l’affaire du congé octroyé aux musulmans de deux écoles de la CSDM, nos politiciens nous ont fait rater une occasion en or pour tordre le cou à une controverse de ce genre d’accommodement raisonnable. Il y a huit ans, la commission Bouchard-Taylor a pondu un rapport. Plusieurs de ses recommandations auraient mérité d’être appliquées. L’une d’elles, la première, est ce fameux livre blanc qui définirait la laïcité. Un point de départ important pour au moins nous mettre d’accord sur ce qu’on veut défendre.

En effet, l’obligation d’accommodement raisonnable n’a jamais été définie comme une contrainte à dire oui à toutes les demandes d’accommodement. Elle a été instaurée pour être exaucée dans les limites du raisonnable. D’où l’importance d’un livre blanc pour clarifier le raisonnable du déraisonnable.

Quant à ceux qui ne ratent aucune occasion pour dénigrer les pratiques des musulmans, ignorent-ils qu’aucune des trois religions monothéistes, juive, chrétienne ou musulmane, ne passe le test de nos chartes et de nos valeurs? Alors?

Au Québec, nous disposons de cerveaux hautement qualifiés, comme ceux qui ont contribué à nationaliser Hydro-Québec et à édifier le Québec inc. Nous sommes donc capables de codifier et favoriser une citoyenneté basée sur l’échange, la négociation et la réciprocité dans le respect de la dignité humaine. Ça presse!

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