Lors du troisième et dernier débat de la présidentielle américaine, Donald Trump a prouvé une fois de plus qu’il n’a pas ce qu’il faut pour emménager dans la Maison Blanche.

L’été 2015, j’étais à Médium large d’ICI-Première de Radio-Canada, quelque part au début des primaires républicaines qui ont été marquées par les folles sorties sexistes de Trump. À la blague, j’ai lancé en ondes que l’ancienne vedette de téléréalité est un candidat à la solde des démocrates pour détruire les républicains de l’intérieur. Quelques mois après, nous y sommes! Trump a mis sens dessus dessous le «Grand Old Party» et semble faire tout son possible pour perdre cette présidentielle.

Ce qui est hallucinant dans cette course qui marquera vraisemblablement l’histoire, c’est que l’homme d’affaires aurait pu passer son programme à l’électorat américain comme un couteau dans du beurre. En effet, Hillary Clinton traîne trop de squelettes dans son placard qui auraient pu la mettre hors circuit (scandale des courriels). Puis, des Américains sont tellement traumatisés par ce que leur vend leurs médias populistes comme le déclin éminent de leur pays qu’ils sont prêts à croire à une conspiration planétaire. L’Américain moyen veut élire n’importe qui sauf Hillary.

Les doigts dans le nez, le candidat républicain aurait pu ainsi promettre n’importe quoi: un bar ouvert pour les armes à feu, l’abolition du droit à l’avortement, un mur à la frontière du Mexique pour stopper «l’invasion» des clandestins et plus de guerres pour contrôler le Moyen-Orient.

Même concernant les femmes qui l’accusent de harcèlement sexuel, Donald Trump aurait pu s’en sortir d’ici à l’élection en niant tout en bloc sans commentaires.

Or, dans cette joute, M. Trump trouve toujours une façon humiliante d’écraser un ou plusieurs groupes sociaux sur l’autel de son ego. Sur la violence urbaine, il humilie les Noirs tout en offrant son appui à la police et à la National Riffle Association.

Sur l’avortement, il veut punir les femmes qui y ont recours et les compare à des criminelles.

Sur l’immigration, il insulte à n’en plus finir les Mexicains et les hispaniques qu’il réduit à une horde de violeurs, de trafiquants de drogues et d’assassins sanguinaires.

Sur le terrorisme, il montre du doigt tous les Américains musulmans et les réduit à des adorateurs du «fanatisme islamiste», comme d’ailleurs les réfugiés syriens qui ne seraient que des agents dormants de Daech.

Sur le harcèlement sexuel dont les allégations lui colle à la peau, il ne cesse d’humilier les femmes qui l’ont montré du doigt. Et en passant, il dénigre avec rage toute la classe politique à Washington, notamment ses prédécesseurs Reagan, Bush père, Bush fils, Obama et par ricochet leurs partisans!

Les attaques intempestives du candidat Trump ont fini par liguer contre lui jusqu’aux bonzes de son parti au point où il est devenu la cible d’une majorité confortable qui est en train de lui assainir un dernier K.O..

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