Mark Humphrey

L’apport du hockeyeur noir P.K. Subban à Montréal dépasse de loin le cadre sportif. Et quoi qu’en disent les experts, son échange l’été dernier est une grande perte pour notre société.

P.K. Subban: patiner droit devant – entre 2 saisons, le documentaire diffusé récemment par Canal D et RDS, a relancé le débat au sujet de cet échange dramatique qui a déchiré le Québec. Et je fais partie de ceux qui n’ont pas encore réussi à faire le deuil de P.K. Subban, même si de plus en plus d’amateurs se sont résignés, surtout, en raison des performances impressionnantes de son remplaçant, Shea Weber.

Certes, il faut être aveugle pour ne pas voir que Weber est le défenseur numéro un de la LNH. Il y a presque unanimité dans le monde du hockey pour reconnaître que cet athlète vedette d’Équipe Canada est hors pair, en plus d’imposer le respect partout.

Depuis le début de la présente saison, les experts sportifs se délectent ainsi du jeu des comparaisons entre Weber et Subban. En plus de son leadership, les statistiques avantagent le numéro 6 par rapport au numéro 76.

Certes, les statistiques importent beaucoup pour un hockeyeur pour justifier son salaire, attirer les foules et aspirer aux grands honneurs, mais l’aura de Weber se limite au sport, alors que celle de Subban dépasse la patinoire. Car cet athlète noir talentueux et flamboyant s’est impliqué comme jamais dans notre communauté.

Le grand impact de P.K. Subban sur notre société peut être résumé par les mots d’Isabelle Racicot, prononcés au mois de septembre 2015. Pour déplorer le manque de diversité à la télé québécoise, l’animatrice québécoise d’origine haïtienne avait confié candidement au Journal de Montréal que «ce n’est pas pour rien que depuis que P.K. Subban joue pour les Canadiens, mes enfants capotent sur le hockey. Ils n’ont jamais autant tripé! Quand ils ont vu P.K. donner 10M$ aux enfants malades, c’était comme s’ils voyaient leur grand frère poser un tel geste. Ils étaient énervés. Ils étaient gonflés à bloc».

La mère en Mme Racicot a clamé ainsi au Journal de Montréal vouloir que ses enfants aient des modèles à l’écran. «Parce que ça joue sur l’estime de soi: quand tu ne te vois pas, tu as l’impression que tu ne vaux rien. J’en ai souffert plus jeune. J’aimerais que mes enfants ne vivent pas la même chose», a-t-elle conclu. Ce cri du cœur rejoint celui des mères d’une grande partie des 39% de Montréalais qui sont des immigrants de première ou de seconde génération!

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