Des jours, je peux dormir sur une mauvaise nouvelle qui touche la banalité de mon quotidien d’ici et, le lendemain, me réveiller sur l’écho d’une bonne nouvelle annoncée d’ailleurs, depuis ma terre d’origine ou quelque part au monde, là où l’un des miens a pris attache.

Ici, comme ailleurs, nous sommes de plus en plus de Terriens à ne plus nous contenter de vivre exclusivement au rythme de notre actualité locale. Nous sommes aussi constamment attachés et à l’affût des nouvelles de la terre de nos aïeux ou celles où vivent nos cousines, nos cousins, notre parenté et nos amis éparpillés aux quatre coins de notre planète.

Cette possibilité de vivre aux rythmes de plusieurs continents occasionne certes la multiplication des tristesses subies, mais aussi le foisonnement des bonheurs raflés, des fois, à l’improviste.

Depuis ici, certains ne voient dans cet ailleurs que guerre, barbarie, misère et leurs lots de massacres, de privations et toutes sortes de mauvaises actualités qui alimentent en boucle les cycles de nouvelles controversées des télévisions d’information en continu et des manchettes de ce qui reste de la presse écrite mondiale. Pourtant, cet ailleurs, même le plus reculé quelque part sur Terre, représente et annonce de bonnes nouvelles à des gens comme moi, au quotidien. Des fois, alors qu’on patauge dans la quotidienneté et ses banalités, un texto, un appel, un courriel, ou un message Facebook nous réjouis, contre toute attente, de la naissance d’une nièce ou d’un neveu, d’un diplôme raflé par un proche, d’un mariage programmé pour un été de toutes les couleurs!

Dans le domaine du sport aussi, des jours, je peux donc dormir sur une défaite crève-cœur du Canadien et me réveiller le lendemain sur une victoire éclatante du Raja de Casablanca, l’un des deux clubs populaires de la métropole du Royaume de mes origines. Et si le Canadien de Montréal persiste dans sa mauvaise passe et n’arrive plus à enchaîner les titres, qu’à cela ne tienne, le Barça, mon autre club fétiche qui affole la Liga, le championnat de soccer espagnol, et la Ligue des champions d’Europe, enchaîne sa moisson vertigineuse de trophées.

Être d’ici, mais aussi d’ailleurs, procure plus de joie, mais aussi de la peine. Être d’ici, mais aussi d’ailleurs, donne une perspective plus large pour saisir la complexité de notre monde, mais aussi pour toucher du doigt sa similitude déconcertante qui semble échappée volontairement à plusieurs!

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