Gerets wants to stay, Morocco may want him to go

En plein printemps arabe, l’élimination prématurée de la sélection marocaine de soccer de la dernière Coupe d’Afrique des nations (CAN) 2012 a déclenché une tempête politique au royaume pire que celle entourant le Canadien.  Comme quoi, le nationalisme n’est pas que l’apanage des fans du CH qui réclament plus de francophones, un entraîneur de chez nous et des dirigeants à l’écoute du peuple.

Récapitulons. L’équipe nationale marocaine de soccer a été pressentie pour remporter la plus récente CAN, coorganisée par le Gabon et la Guinée Équatoriale, du 21 janvier au 12 février dernier. Pourquoi? Parce qu’elle dispose d’un fort contingent de joueurs expatriés qui évoluent au sein de grands clubs européens, et surtout, parce qu’elle est dirigée par un entraîneur vedette, le Belge Éric Gerets.

Il faut préciser qu’au Maroc, comme dans la plupart des pays du sud de la planète, le soccer est quasiment une religion, comme le hockey chez nous. Et les dirigeants redoutent les contre-performances de leur équipe nationale. Donc ils n’ont pas lésiné sur les moyens.

Qu’est-ce qui s’est passé, alors? Une défaite crève-cœur d’entrée de jeu face à la Tunisie, puis une deuxième, plus humiliante pour les fans marocains, face au Gabon, qui n’est pas une force de frappe du soccer africain.

Comme pour le Canadien, quand les résultats ne sont pas du goût des amateurs, la grogne pogne.  Et printemps arabe oblige, les langues se sont déliées et tout le monde s’est mêlé de la partie. Les dirigeants du foot marocain, l’entraîneur national et les joueurs internationaux sont devenus la cible de critiques acerbes.

D’abord, l’entraîneur. Le Belge Éric Gerets, celui-là même qui a un palmarès enviable. Eh bien, il est passé de sauveur à homme à battre surtout après que des médias européens ont divulgué que la bête noire de la rue marocaine toucherait un salaire mensuel de 240 000 de nos dollars canadiens. Pour étayer cette thèse, certains hackers marocains ont mis en ligne ce qui s’apparenterait au compte bancaire personnel du Belge!

C’était la goutte qui a fait déborder le vase.  Comme ici où la vox populi cherche à avoir la tête des occupants du 7e étage du Centre Bell, notamment le DG Pierre Gauthier, les élus de la Nation se sont mêlés de la partie et ils ont convoqué une réunion du parlement marocain pour connaitre le vrai salaire de l’entraîneur. Ils ont argué que la nouvelle constitution du royaume garantit le droit à l’information et que par souci de transparence, le gouvernement se devait d’informer les contribuables marocains à propos du salaire du sélectionneur des Lions indomptables.

La polémique a aussi ébranlé les joueurs, pour la plupart des immigrants de deuxième et troisième génération. Les gérants d’estrade au Maroc et au sein de la diaspora ont pris d’assaut les tribunes radio et télé ainsi que les réseaux sociaux pour démolir la réputation des Lions de l’Atlas.

Ils les accusent de ne pas avoir assez de fibres nationales pour mettre assez de cœur à l’ouvrage afin de défendre les couleurs du pays! Ils sont traités de pourris et de gâtés dans le confort de leurs clubs européens. Pour la plupart francophone ou néerlandophone,  ils ne maîtrisent pas ou peu l’arabe dialectal marocain. C’est la preuve par un plus un est égal à deux qu’ils ne sont pas de vrais Marocains!

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