Uriel Sinai / Getty Image News Les troupes israéliennes se rassemblent aux abords de la bande de Gaza

En 1947, alors que la communauté internationale reconnaissait l’État d’Israël, elle reconnaissait également, dans ce même acte de naissance, les territoires palestiniens formés de la bande de Gaza et de la Cisjordanie. Depuis lors, le peuple palestinien n’a jamais oublié son rêve d’indépendance.

Dans «Palestine : Un État palestinien est-il encore possible?», un spécial diffusé l’année dernière par Un oeil sur la planète, l’émission phare de France 2 a dressé la liste des contraintes à la paix dans la région (pour le reportage complet, voir la vidéo à la fin de ce texte). Depuis 40 ans, les preuves s’accumulent. Israël planifie et concrétise son expansion en Cisjordanie et son contrôle absolu de Jérusalem avec la construction du mur sur les terres palestiniennes, l’exploitation de ressources naturelles d’un territoire occupé, l’implantation de colons dans les territoires palestiniens, l’annexion unilatérale de Jérusalem Est. Ce sont autant d’actions condamnées par le droit international, mais, jusqu’à présent, Israël refuse de changer de politique, alimentant ainsi la colère et la frustration des Palestiniens.

Résultat, l’autorité palestinienne gère une bande de Gaza emmurée par un embargo et un blocus et la Cisjordanie a été charcutée par les colonies et ceinturée par le mur de sécurité. Beaucoup de Palestiniens sont réduits à demander des permis de circuler entre leurs terres et le mur de sécurité. Un quotidien ponctué d’interdits, d’humiliations et de privations. Des politiques pour écœurer les Palestiniens, pour les inciter à abandonner leurs terres et à les laisser en friche. Ce qui n’est pas innocent. Selon une loi ancienne, un champ laissé en friche plus de trois ans peut devenir la propriété de l’État hébreu.

Il y a un an, presque jour pour jour, Daniel Cohn-Bendit a poussé un coup de gueule au sujet du conflit entre Israël et la Palestine au Parlement européen qui résume la pensée de plusieurs défenseurs de la paix (voir la vidéo).

C’est dans l’intérêt vital d’Israël qu’il y ait un État palestinien. C’est dans l’intérêt vital d’Israël et de toute la région du Proche-Orient et du Moyen-Orient qu’il y ait deux États, l’un israélien, qui existe déjà, et l’autre palestinien, auquel rêvent tous les Palestiniens. Deux États au sein d’un espace intégré de plus de 350 millions d’Arabes et de plus de 1,5 milliard de musulmans qui seront apaisés. L’ensemble prônera alors la paix et le bon voisinage.

Et arrêtons de comparer la force de frappe d’Israël et du Hamas. Israël est plus puissante militairement que toutes les armées de la région réunies et compte sur le soutien sans faille de la première puissance mondiale. Et l’État qui dispose de plus de pouvoirs doit s’imposer plus de responsabilités. Il faut arrêter le cercle infernal de la haine et de la guerre, car personne n’est gagnant dans cette équation.

Certes, avec le chômage et la pauvreté dus aux années d’embargo, avec les frappes israéliennes et les humiliations sans cesse répétées, des groupes islamistes radicaux ont émergé dans la bande de Gaza. Ils sont hors du contrôle même du Hamas. Ce sont les salafistes-djihadistes qui se revendiquent d’Al-Qaïda. Ils sont de fervents ennemis du Hamas, car ils le jugent trop laxiste vis-à-vis de la religion et trop mesuré à l’égard d’Israël!

Pourtant, malgré toutes les frustrations et la radicalisation d’une frange de la population, la majorité des habitants des territoires palestiniens n’aspire qu’à la paix. Ces territoires sortent la tête de l’eau avec une administration qui marche. Sa gestion des affaires courantes est saluée par les instances internationales et les résultats sont spectaculaires. Au Moyen-Orient, il manque un État et Israël rend de plus en plus impossible sa création.

Aujourd’hui, personne sur notre planète ne peut faire des pressions sur Israël, ni même ses amis, les États-Unis et l’Union l’Européenne. Chaque fois, ses dirigeants brandissent l’épouvantail de la sacro-sainte sécurité israélienne dans une région où il n’y a pas de pitié pour les faibles. Jusqu’à quand?

Moi aussi, j’aimerais terminer ce billet sur une note d’espoir avec la même maxime de l’écrivain Francis Scott Fitzgerald que le journaliste d’« Un œil sur la planète » a conclu son 34e numéro : « On devrait comprendre que les choses sont sans espoir et pourtant être décidé à les changer ».

Palestine : Un État palestinien est-il encore possible?
Un oeil sur la planète

Note : La publication de ce reportage a créé bon nombre de réactions. Le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel (CSA) en France s’est penché sur la question et a conclu qu’il respectait les règles déontologiques.

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