Je ne suis pas un conspirateur, mais plus je vois la situation évoluer en Égypte, plus je suis envahi par le doute. Une machination se trame au pays des pharaons!

L’histoire de l’ère moderne regorge de complots, fruit des opérations noires. Pour déstabiliser un régime, les pros du renseignement usent de la panoplie d’usage :assassinats maquillés, élections truquées, propagande, guerres psychologiques, et j’en passe.

Des pays de tous les continents ont goûté à cette médecine. Le Guatemala, le Chili, l’Iran, le Zaïre, les Philippines, et la liste est longue. Quand un régime démocratique refuse le diktat des puissances étrangères, les artifices se mettent en place.

Au Caire, les prémisses de cette guerre secrète se matérialisent en continu sur les écrans de la planète. Voilà un président que ses détracteurs méprisent, car il n’a été élu que par 51,73 % des suffrages! Ici, au Canada, Stephen Harper ne cracherait pas sur le score de Morsi, car il n’est le locataire du 24, promenade Sussex, à Ottawa, que grâce à 39,6 % des voix des Canadiens. Mais Harper n’est pas Morsi! Le chef des Frères musulmans va appliquer la charia. Tiens donc! Comme si c’était une première. C’est oublier que, dans le monde arabo-musulman, depuis 14 siècles, aucun régime n’a été en rupture avec la charia!

Dans le dossier Égypte, il y a quelque chose de plus profond, de plus laid. Le monde civilisé souhaite la chute du premier président arabe démocratiquement élu. Et comme cerise sur le gâteau, on s’offre la dissolution d’une des deux premières assemblées constituantes démocratiquement élues de tout le monde arabe.

La question qu’il faut se poser est la suivante : a-t-on le droit de destituer un dirigeant démocratiquement élu? Tout autre verbiage n’est là que pour amuser la galerie et accaparer l’esprit du public par une intrigue comme celles d’Occupation double. On empêche le citoyen lambda de comprendre. On lui bourre le crâne avec le slogan «les islamistes, ils sont épouvantables, qu’ils dégagent!» sans lui expliquer les conséquences de notre complicité dans la destruction d’une démocratie en devenir.

Comme César, Morsi est entouré d’ennemis – même dans son propre camp – qui soufflent sur le brasier de la solution finale. Quelque chose se trame, mais n’a pas de visage. Pourtant, toute la planète attend le passage à l’acte. Le signal qui va entraîner un effet domino. Personne n’a dit : «Il faut le destituer.» Il n’y a pas eu de vote ni d’ordre écrit, donc, il n’y a pas de responsable. Le puzzle se met en place mécaniquement.

On tue les rois, car la politique, c’est le pouvoir. Rien de plus! Le seul objectif, c’est la réussite de l’opération, peu importe le nombre de victimes, peu importe le prix à payer pour les futures générations arabes. Les auteurs du conflit doivent en être les éternels vainqueurs. Ça s’appelle un coup d’État.

Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro.

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