Bob Edme

Certes, François Hollande, le candidat de la gauche, est le nouveau président français! Toutefois, la France a maintenu son basculement à droite. Même si Hollande a gagné, la France a aujourd’hui la gueule de bois!

Ce dimanche 6 mai, dès midi, heure de Montréal, j’ai été scotché à mon ordi et à ma télé pour suivre les résultats des élections en France via l’internet, les médias sociaux et la chaîne câblée RFO. Dès midi, les médias belges et suisses ont indiqué que les premiers sondages à la sortie des bureaux de vote annonçaient François Hollande en tête de l’élection présidentielle française avec entre 52,5 et 53 % des voix.

J’ai été étourdi! Alors que les sondages entre les deux tours donnaient à Hollande une avance confortable de sept à huit points, là, sans l’appui de Marine Le Pen, la cheffe du Front nationale qui a voté blanc, ni de celui de François Bayrou, le chef du Modem, le parti de centre droit, qui a carrément voté Hollande, Nicolas Sarkozy a réussi la mobilisation de plus de 48 % du vote avec un discours à droite toute. Un discours qui a fait l’éloge des peurs, des craintes, de la stigmatisation des immigrants et de la haine qui divisent!

C’est sous l’emprise de Patrick Buisson, son conseiller ultra-droitier, qui, au-delà de la victoire de Sarkozy, mène un combat pour concrétiser son grand dessein historique : l’union de toutes les droites au sein du « Parti de la France ».

Dans la stratégie qu’il a mise en place, Buisson a encouragé le candidat Sarkozy à se rapprocher aux thèmes du Front national. L’homme de la « droitisation » de Sarkozy a convaincu le président sortant à se présenter comme le « candidat du peuple » contre les élites. Les analystes de la présidentielle attribuent à Buisson beaucoup des trouvailles de la campagne de Nicolas Sarkozy : discours sur l’immigration, rétablissement des frontières unilatéralement, notamment la suspension de l’accord de libre circulation de Schengen, recours au référendum pour réformer le système d’assurance-chômage, etc.

Nicolas Sarkozy a joué, en effet, son va-tout en pariant sur l’électorat FN, quand il a affirmé au lendemain du premier tour : « Je veux parler aux petits, je veux parler aux sans-grade, je veux parler aux ruraux, qui ne veulent pas mourir, je veux parler aux travailleurs, qui ne veulent pas que celui qui ne travaille pas gagne davantage que lui, je veux parler aux petits retraités. »

Dans les circonstances, la victoire de François Hollande est un cas d’école. Depuis le lancement de sa candidature, en passant par les primaires socialistes, puis sa victoire au premier tour jusqu’aux marches de l’Élysée, il a réussi à garder le cap, à être cohérent et à ne pas flancher face à la « droitisation » de Sarkozy.

François Hollande a gagné, mais il a en face de lui une France désormais à droite en embuscade pour le troisième tour, celui des législatives de juin prochain. La partie ne fait que commencer!

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