THE ASSOCIATED PRESS Bradley Cooper dans American Sniper

La 87e cérémonie des Oscars a couronné avec raison Birdman, un grand film. Cela dit, American Sniper aurait mérité une reconnaissance plus que l’Oscar du meilleur montage de son!

Qu’est-ce qu’un grand film? Est-ce l’intrigue de son histoire, sa mise en scène, sa distribution, le jeu de ses acteurs ou son message?

Un grand film vous tombe dessus comme la foudre. Dans le noir de la salle de projection, tout à coup, l’émotion vous envahit et vous plonge dans un songe.

Un grand film vous prend au dépourvu dès sa première image et vous fait glisser dans la peau de ses personnages. Un grand film vous assomme littéralement et vous plonge dans un état second au point de ne pouvoir détourner vos yeux du grand écran. Un grand film vous fait réfléchir et vous fait passer du gros éclat de rire à l’envie de pleurer sans crier gare.

Un grand film vous habite et vous n’arrivez plus à l’oublier. Les jours passent et vous finissez par consentir à cette envie d’aller le revoir pour revivre cette ambiance qui vous a ébranlé. Plus tard, vous finissez par acheter son DVD dès sa sortie dans l’espoir de perpétuer et de retrouver cette première émotion.

C’est ce que j’ai ressenti en sortant de la salle de cinéma, après avoir vu American Sniper. Pourtant, ce film, je suis allé le voir à reculons, car l’histoire de cette adaptation cinématographique de la biographie du tireur d’élite Chris Kyle loge son intrigue dans la guerre injuste imposée au peuple irakien par Georges W. Bush et ses faucons. Cette guerre qui a enfanté aux forceps le groupe sanguinaire État islamique qui a mis sens dessous dessus tout le Moyen-Orient.

Mais c’est un Eastwood. Mettons de côté le penchant conservateur de ce géant du cinéma américain, car depuis Unforgiven, le public a rarement été déçu par l’un de ses films. Oublions aussi cette vision au premier degré de la deuxième guerre du Golfe, car les méchants ne sont pas les insurgés irakiens. Ils n’ont fait que défendre leur pays contre l’invasion américaine.

Toutefois, avec une simplicité déconcertante, Clint Eastwood nous brosse le portrait de cette Amérique ambiguë qui vit dans l’illusion qu’elle est la gendarme de notre planète et que tout ceux qui se trouvent à l’autre bout des viseurs de ses soldats sont des «sauvages».

American Sniper est un drame qui dépasse l’Amérique et qui nous rappelle que même au siècle de l’internet, des médias sociaux et de l’information en continu, les humains n’arrivent pas à communiquer entre eux pour comprendre que leur destinée est commune!

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