Lors d’un dîner-conférence organisé par l’Institut du Nouveau Monde à l’occasion de sa récente école d’été (*), Mme Lise Payette a ressorti du placard la controversée charte de Bernard Drainville.

Invitée à discuter de féminisme avec Émilie Guimond-Bélanger, membre de Québec solidaire, l’ancienne ministre du gouvernement péquiste de René Lévesque a fait une sortie en règle contre les femmes voilées du Québec.

Personne n’est contre la vertu. La préposée de l’Institut de gériatrie, qui aurait refusé de laver les organes génitaux de Mme Payette en raison de ses convictions religieuses, avait tort. Aucun employé de l’État n’a le droit d’invoquer sa croyance pour discriminer un usager. Ça devrait être limpide dans nos lois et règlements.

Cela dit, Mme Payette s’est fourvoyée quand elle a réaffirmé qu’elle refusait d’envoyer ses petits-enfants dans une école où des femmes sont voilées, à cause de leur exemple de soumission.

Ce jour-là, Mme Payette s’adressait à la jeunesse, notre avenir. Ses propos sèment les germes de la division au lieu de porter la voix de l’apaisement dans un Québec de plus en plus métissé.

Par ailleurs, si on suit la logique de Mme Payette, un jour, un quidam pourrait revendiquer le droit d’interdire à ses enfants d’aller dans une école parce que leur maîtresse s’est fait refaire la poitrine ou est adepte du lifting à outrance.

En effet, en parlant de soumission, comment qualifier ces femmes qui obéissent au culte du corps, à la beauté, au jeunisme et à leurs standards inaccessibles imposés par des «prophètes» qui pullulent dans nos médias?

La gent féminine n’est-elle pas soumise à la religion de la sacro-sainte industrie des cosmétiques et à ses «préceptes» véhiculés par son «livre saint» décliné en guides et magazines qui se vendent comme des petits pains?

Mme Payette, le danger qui guette nos concitoyennes est l’hypersexualisation qui afflige nos jeunes filles, ces brebis de plus en plus anorexiques sous l’effet de la propagande du culte du corps parfait aux mensurations extraterrestres!

Mme Payette, nos jeunes filles et les femmes sont de plus en plus esclaves d’une industrie des cosmétiques qui conditionne leur acceptation de soi et l’approbation de leur propre corps au regard de l’autre pour lui plaire!

Mme Payette, l’autre danger qui sème la terreur chez nos femmes est cette culture de la violence conjugale qui a entraîné l’assassinat de 87 d’entre elles depuis 2009.

Mme Payette, le danger de tous les dangers est la traite des femmes à des fins sexuelles. Ces esclaves de l’industrie du sexe ont pignon sur Sainte-Catherine, faisant ainsi de Montréal l’une des destinations nord-américaines les plus prisées du tourisme du sexe.

Mme Payette, dans une démocratie libérale comme la nôtre, on ne juge pas les gens sur leurs apparences ou leurs croyances, mais sur leurs faits et gestes.

(*) Lise Payette : «Je ne suis pas tout à fait péquiste», d’Annabelle Blais, La Presse+ du

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