J’aime la télé. Un peu trop. Je pogne le fixe. Devant un écran avec des images qui bougent, tu me perds. Je peux passer beaucoup trop de temps à regarder une émission plate. Exception faite des émissions plates qui me rendent violent, comme L’instant gagnant (Call TV) et Occupation double. Celles-là, pas plus de 30 secondes. Après, je me lève du divan, je marche la main sur le front en disant : «Ben non! Ben non!», j’ouvre la porte du réfrigérateur sans rien prendre, la referme, et retourne m’asseoir sur le divan. Tout ça sous le regard amusé-blasé de ma blonde.

Reste que j’aime la télé. Si j’avais à expliquer la télé à quelqu’un qui a vécu dans les années 1700, je dirais : «Une télévision, c’est un théâtre où se jouent des dizaines de pièces en même temps 24 heures sur 24. Mais une fois de temps en temps, trop souvent, il y a quelqu’un qui te propose d’acheter des “cossins”. Puis aussi un gars qui te crie les nouvelles du jour. Ah, et des filles de joie et des diseuses de bonne aventure qui t’offrent leurs services. Bref, c’est le village dans une boîte.»

Gamin, c’était ma caisse de 12. Y’en a qui fuient dans l’alcool, moi je fuyais dans la télé. Au souper, ma sœur venait me tirer du salon, comme des enfants allaient tirer leur père des brasseries. Comme les buveurs sociaux, je suis un téléspectateur social, je suis capable d’interagir avec les autres en même temps. Bon, pas en même temps. Il faut que je mette la télé à mute ou que je l’éteigne le temps de l’interaction. Sinon, c’est un échange, disons, irrégulier.

J’aime les souvenirs, les référents de la télé. C’est toujours plaisant d’avoir des conversations avec des gens qui ont été marqués par les mêmes émissions, les mêmes films et les mêmes personnages que nous. L’autre soir, tard, vers 1 h 30 du matin, sur ma page Facebook, j’ai commencé quelque chose qui, je le sentais, allait dégénérer. J’ai demandé aux gens de me nommer un film qui les avait marqués dans leur enfance, avec une scène culte du film. Une heure plus tard, les gens donnaient encore des choix. Ça ne s’est pas arrêté à un film par personne, oh que non! Ça se relançait à tout bout de champ! Avec des commentaires comme : «Malade! Je ne m’en souvenais plus!» et «Ah oui! C’est un classique!»  J’avais à peine le temps de penser à un film qu’il y en avait quatre autres qui se bousculaient dans ma tête.

On fait ça. Allez sur le site du journal, sous ma chronique dans les commentaires, et écrivez un film de votre enfance qui vous a marqué avec votre scène préférée. Je pars le bal. Ace Ventura 1, quand il se fait passer pour un entraîneur de dauphins. J’ai dû l’imiter 2 849 fois. OK, un autre. Kickboxer, quand Van Damme donne des coups de tibia dans un arbre pendant que son maître lui gueule : «Ton frère, tu te souviens!» Bon, vous voyez, je suis parti.

Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro.

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