J’ai vu tout un show hier! Bob Dylan, Frank Sinatra, The Doors, Céline Dion, Marjo, The White Stripes, La Chicane, et j’en passe. Vous l’avez deviné, hier, j’étais dans un karaoké. Je me suis aussi donné en show : Coolio et le classique Gangsta’s Paradise, ainsi que Meat Loaf et LA power ballade I’d Do Anything for Love. Dans un karaoké, j’oublie mon nom, mon orgueil et je fonce!

J’ai travaillé un an et demi dans un karaoké, entre 18 et 19 ans. À la Récréathèque de Laval, oui madame! Fuck le Studio 54, c’était à l’Électrium que ça se passait. Bref, le karaoké, ça me connaît bien. C’est l’fun, le karaoké, c’est du lâché lousse, du «l’air fou j’m’en fous». Comme quand je chante I’d Do Anything for Love de Meat Loaf :je me défonce. Je mets de l’émotion! Au diable la note! Être sur la note, dans un karaoké, c’est aussi pertinent qu’avoir des souliers de golf au miniputt.

J’aime le monde dans un karaoké. T’as la gang qui est là pour une occasion spéciale, une fois aux deux ou trois ans. C’est souvent ceux qui ont le plus de fun. T’as les «professionnels». Ils chantent  toujours les mêmes tounes, dans le même ordre. C’est du sérieux, ceux-là. Tasse-toi de là quand ils chantent, pogne pas le deuxième micro! T’as la gang d’habitués. Des collègues de travail, d’école, qui se ramassent là toutes les semaines pour triper. Ils ne se prennent pas au sérieux. Ils aiment le karaoké pour les mêmes raisons qu’on aime danser sur Cœur de loup, parce que c’est kitsch.

Il y a toujours aussi les talents timides. Ça ne dit pas un mot de la soirée, puis, à un moment, ils se font appeler. Personne ne s’était aperçu qu’il ou elle avait été porter un papier. Ça arrive sur la scène l’air de rien, agrippe le micro, puis torche une chanson du genre Isabelle de Jean Leloup sans manquer un maudit mot.

À ne pas oublier: le weirdo de la place. Y en a tout le temps un. Il est assis souvent seul, il connaît le prénom de l’animateur de la soirée, il chante une des tounes de Noir Silence et de Linkin Park et il boit des vodkas jus d’orange.

La dernière mais non la moindre, ma préférée, c’est la diva qui se fait désirer. Ça fait semblant de ne pas vouloir chanter, ses amis la supplient d’y aller : «Come on! Tu chantes tellement bien!»  Elle ne sait pas trop, elle a un peu mal à gorge. Elle finit par «flancher» : «OK… si vous insistez.» Pow! The Rose de Bette

Medler. La main dans les airs, les speakers tremblent.

Hier, j’ai encore goûté au karaoké et à la nostalgie de ce lieu magique, où se trouvent des personnages qu’on ne verrait même pas dans une comédie de Will Ferrell. Si vous allez dans un karaoké prochainement, chantez-en une à ma santé. Avec de l’émotion, et en ayant laissé votre ego dans votre salon.

Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro.

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