Le titre de ce billet va sans doute en faire tomber plusieurs de leur chaise. Il s’agit certes d’un raccourci mais qui vise, avant tout, à sensibiliser sur les conséquences d’une production accrue d’agro-carburants utilisés par les pays industrialisés.

Les agro-carburants sont à mode. Ils désignent les carburants d’origine agricole, dont le plus connu est le bioéthanol. Les agro-carburants ont l’avantage d’être présentés comme le moyen de réduire la consommation de pétrole et, par là même, les émissions de gaz à effet de serre. Toutefois, non seulement leur bilan écologique est loin d’être aussi tangible que prévu, mais leur production requiert des terres agricoles qui pourraient servir à nourrir les populations locales.

Dans un article publié dans le journal italien La Repubblica et traduit le 15 mars dernier par Jean-Baptiste Bor sur le site presseurop.eu , le journaliste Stefano Valentino met en lumière les conséquences environnementales auxquelles fait face l’Afrique pour assouvir la production d’agro-carburants des Européens, et plus largement des pays industrialisés.

En effet, la culture des agro-carburants vient gruger les terres qui pourraient servir aux cultures vivrières et nourrir les pays d’Afrique où les crises alimentaires restent récurrentes. Les Européens se divisent ainsi des millions d’hectares de terres africaines pour y faire pousser des plantes destinées à produire des agro-carburants.

Selon Stefano Valentino, les pays occidentaux exploitent 4 millions d’hectares de terres en Afrique pour les agro-carburants. En cause, la législation européenne comme l’explique le journaliste italien.

« Dès 2011, les stations-services des États membres de l’Union Européenne ont dû augmenter progressivement les pourcentages de carburants à faible teneur en CO2 : bioéthanol pour l’essence et biodiésel pour le gazole. L’objectif final est d’arriver à 10% d’ici 2020. Les nouvelles normes visent aussi bien une réduction des émissions de gaz à effet de serre que de la dépendance du pétrole, afin de le remplacer par des carburants tirés de matières végétales. »

Cependant, l’Europe ne possède pas assez de terres cultivables pour produire assez d’agro-carburants, elle n’a donc pas le choix de se tourner vers « ce nouvel Eldorado du pétrole vert » qu’est l’Afrique.

Outre ces hectares que s’accaparent les pays européens, les projets locaux et les vastes concessions obtenues par la Chine, le Brésil et la Malaisie ajoutent à ce « pillage » des terres africaines.

Selon un rapport de l’International Land Coalition, 66% des terres acquises en Afrique visent à produire des agro-carburants, contre 15% seulement destinés à la production d’aliments. Et au niveau mondial, la substitution des cultures alimentaires par des plantations énergétiques a contribué à la flambée des prix des denrées alimentaires lors des famines de 2008.

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