Pierre Brassard | www.pierrrebrassard.com Arrive alors le moment que j’appréhendais : l’exercice d’origami extrême, soit le repliage de la map d’envergure cerf-volantesque.

Chaque mardi, la journaliste Julie Laferrière et l’humoriste, animateur et illustrateur Pierre Brassard posent un regard original sur les usagers du transport en commun.

Ligne verte, en direction d’Angrignon. C’est mardi, il est 11 h 30. Il y a un parfum de vacances qui plane sur la ville. Les enfants arrivent au bout de leur année scolaire, fatigués par toutes ces nouvelles connaissances acquises à coup de dictées et d’énigmes mathématiques, mais exaltés à l’idée de toutes ces plages de temps libre et de promesses de crème glacée.

Si nous, adultes, n’avons pas encore tout à fait les pieds dans le sable, nos têtes, elles, se permettent un peu plus souvent d’être ailleurs. Cet état d’évasion furtive étant entre autres motivé par la saison des BBQ et par la vague de tourisme qui vient se casser sur les côtes de notre île.

D’ailleurs, un échantillon touristique se trouve debout à côté de moi en la personne d’un jeune homme aux allures nordiques. Danois? Suédois? En tout cas, tout chez lui est design : ses lunettes, sa chemise de lin bleu Pacifique et sa besace en plastique mou sur laquelle est inscrit un mot avec des trémas sur les voyelles.

Il est absorbé par une map de papier qu’il a déployée et qu’il consulte en alternance avec le plan du métro affiché au mur devant lui. Il essaie de saisir notre ville à coups de stations et de quartiers, de rives et de rues. Son esprit cartésien semble rapidement en comprendre la logique.

Arrive alors le moment que j’appréhendais : l’exercice d’origami extrême, soit le repliage de la map d’envergure cerf-volantesque. Je suis prête à lui offrir mon aide, me disant que, comme pour dompter un drap contour, à deux, c’est tellement mieux. Mais le touriste nordique n’a eu aucunement besoin de mon secours. En des gestes calmes et assurés, il a replié Montréal sur elle-même puis est descendu à la station Peel.

Je l’ai imaginé au coeur de notre centre-ville, me demandant ce qu’il en retiendrait une fois rentré chez lui, puis ai ressenti par procuration, mais néanmoins fortement, son état de vacancier. Et cet état, réel ou imaginaire, nous vous le souhaitons, Pierre et moi.De très belles vacances à vous. Qu’elles soient brèves, longues, urbaines, champêtres, locales, exotiques ou nordiques.

La chronique Hors du commun sera de retour en août.

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