Capture d'écran

Mes hommages. En cette journée toute spéciale où un tâteur de fourches au hâle Tropicana s’affaire à installer ses grands rideaux gold à la Maison-Blanche, j’ai eu envie de vous parler d’une initiative sensationnelle. De quelque chose de rassurant. Qui soulage et qui donne espoir. Parce que, lorsqu’il est question de fourche, de ma fourche (je ne parlerai qu’en son digne nom), il n’est pas rare qu’une petite nervosité surette s’empare de mes trompes.

N’avez-vous pas déjà ressenti ce petit choc électrique au poitrail à l’approche d’un examen gynécologique? Je connais peu de femmes qui sortent leurs microsillons de KISS à l’idée de s’exposer le pain sous de puissants néons, les pattes écartées dans des étriers sous le regard perçant d’un/une inconnu(e) en sarrau. J’ai la chance d’avoir une gynécologue fantastique. Une empathique, une délicate à la formidable écoute. Mais malgré sa volonté de tank et son professionnalisme aigu, il lui arrive parfois, débordée, de devoir envoyer une infirmière pour procéder à mon examen annuel. C’est ainsi; mais j’ai encore la chance de me faire sonder le col dans une clinique respectueuse. Malgré tout, chaque fois, j’angoisse. La petite nouvelle posera-t-elle un regard étrange sur mon intimité? Me jugera-t-elle le bouquet, le texturé et la plissure? Sera-t-elle à l’écoute si je me crispe sous son speculum? Et cette coupe bikini que j’arbore, est-elle trop festive? Ciel. J’espère qu’elle ne m’entretiendra pas de Code F ou du sable de Mariana Mazza. De hautes inquiétudes, me direz-vous.

De hautes inquiétudes pourtant nourries par bien des ouailles. Je n’ai donc aucun, aucun mal à imaginer le trauma d’un examen qui, en plus, se déroule mal. Dans la froideur. L’autorité. L’indifférence, la douleur ou la sécheresse d’une routine impersonnelle ou humiliante. Heureusement, le nouveau projet Gynéco Positive vient tout juste de voir le jour, une plateforme web qui propose de dresser une liste de professionnels (gynécologues, sages-femmes, médecins de famille) qui ont une pratique positive, féministe et anti-oppressive de la gynécologie, une liste bâtie et approuvée par les usagers eux-mêmes. Ton médecin est formidable? Recommande-le.

«Gynéco Positive est né d’un besoin, celui de se savoir en sécurité et respectée lorsqu’on consulte un professionnel pour des questions gynécologiques. Malheureusement, pour plusieurs personnes, ces rencontres sont synonymes de jugements, de paternalisme et d’agressions. Pour d’autres, ça veut dire un accouchement déshumanisant, des examens vaginaux douloureux ou des commentaires inappropriés sur leur corps. C’est pourquoi de plus en plus de personnes remettent en question la pratique déshumanisante de la gynécologie et exigent de meilleurs soins.»

Gynecopositive.com recueille présentement les noms de tous ces praticiens qui font du bien et en dressera sous peu la liste exhaustive, par région et par spécialité. C’est donc la genitalia enthousiaste que je vous encourage, mesdames, à partager sans hésiter le nom de ceux et celles qui humanisent le frottis cervico-utérin et confèrent un peu de fête et de chaleur à l’épisiotomie. Entre deux tweets de Donald et une flore inquiète, un peu de réconfort et de solidarité.

La bise.

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