Métro L’impossibilité de jouir d’une maîtrise totale de nos vies est notre plus grand défi.

J’ai déjà traité une femme qui souffrait de multiples obsessions. Une des plus intéressantes se manifestait comme suit : elle devait absolument dire «À demain matin» à sa fille à l’heure du coucher. Celle-ci devait ensuite lui répondre «À demain matin, maman.» Même lorsqu’elle sortait tard le soir et rentrait une fois sa fille endormie, elle réveillait la petite et lui murmurait «À demain matin», pour entendre «À demain matin, maman.»

Pourquoi faisait-elle cela? Parce qu’elle avait peur de mourir. Or, elle croyait en un Dieu bienveillant, qui ne décevrait jamais une petite fille s’attendant à trouver sa mère à son réveil. C’était la façon qu’elle avait choisie pour s’assurer de ne pas mourir pendant la nuit. Et ça marchait! Ou du moins, c’est ce qu’il lui semblait. Mais sa survie est sans doute davantage attribuable aux lois des probabilités qu’au pouvoir protecteur d’une formule magique…

Ce cas illustre une réalité toute simple à propos des humains : nous voulons vivre dans un monde sûr, exempt de malheurs, et nous ferons tout ce que nous pouvons pour y parvenir. Toute menace, réelle ou imaginaire, crée de l’anxiété. Afin d’abaisser ce niveau d’anxiété, nous réagissons aux dangers en les fuyant ou en nous en défendant. Mais nous ne pouvons pas parer à toutes les menaces : des accidents se produisent, des gens qu’on aime meurent, des tornades frappent. En pareils cas, nous éprouvons le besoin de faire quelque chose pour nous convaincre que nous sommes en sécurité. C’est là qu’entrent en jeu les «touchons du bois» et «croisons-nous les doigts»!

Le désir d’être absolument sûr que rien de négatif n’arrivera a des implications importantes. En fait, les problèmes liés au besoin de tout contrôler sont au cœur de la plupart des troubles anxieux, des dépressions et des problè-mes interpersonnels. Nous aimons tous avoir la maîtrise de nos vies. C’est normal et nécessaire pour nous protéger et nous guider. Malheureusement, nous ne pouvons pas exercer un contrôle parfait. Il existe toujours une possibilité que des événements négatifs surviennent. La santé peut être améliorée, l’amour peut être cultivé, mais ni l’un ni l’autre n’est garanti. En fait, nous avons beaucoup de pouvoir sur nos vies, mais pas autant que nous le voudrions.

Si nous nous efforçons de ne maîtriser que ce sur quoi nous avons un réel pouvoir, nous serons moins esclaves des choses qui échappent à notre contrôle.

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