Paul Chiasson/La Presse canadienne

Si le spectre du phénomène géologique qu’est l’inversion du champ magnétique terrestre a de quoi faire frissonner (googlez-le!), l’inversion des pôles au sein de notre paysage sportif local apparaît quant à elle comme une possibilité aussi positive qu’imminente.

Non, le foot ne deviendra pas le sport national la semaine prochaine, mais la toute-puissance du hockey est sérieusement compromise, et ce malgré une résistance farouche de l’establishment commercial et médiatique qui la fomente et la protège.

Plusieurs facteurs expliquent ce glissement vers le ballon rond, comme l’irrésistible ascension de la MLS, depuis ses humbles débuts en 1996, ou l’effet des fortes synergies globales de ce sport sur l’imaginaire collectif et le rayonnement indéniable sur ses exposants locaux qui en découle. Ceci dit, nos têtes d’affiche habituelles ont aussi leur part de responsabilité.

Si l’on juxtapose cette tendance à la suffisance démontrée par les organisations canadiennes de la LNH, les Maple Leafs de Toronto et le Canadien de Montréal en figures de proue, qui continuent de tenir leurs supporters pour acquis, malgré des décennies d’insuccès, on peut s’attendre à ce que l’écart entre ces deux sports continue de fondre comme la calotte glaciaire sous le réchauffement climatique.

Samedi dernier, alors que j’étais à Vancouver pour le premier match de la saison du bleu-blanc-noir, je suis tombé sur une copie du quotidien The Province, qui dédiait huit pages (oui, oui : huit!) aux Whitecaps et à la MLS. On pouvait entre autres y lire qu’il faut s’attendre à ce que le club vienne chiper une importante part de marché aux Canucks (LNH) et aux Lions (CFL), principalement en raison des déboires sportifs et institutionnels de ces derniers. (AVERTISSEMENT : Toute ressemblance avec la situation du marché montréalais n’est aucunement fortuite…).
C’est connu, le soccer est le sport le plus pratiqué au pays depuis au moins une bonne vingtaine d’années, mais c’est seulement depuis l’arrivée des marchés canadiens en MLS (Toronto en 2007, Vancouver en 2011 et Montréal en 2012) que sa cote de popularité monte en flèche. Au Québec, le chemin parcouru au cours des quatre dernières années est simplement colossal.

Offrant un produit de plus en plus «sexy» (et je ne parle pas des pectoraux de Nacho ici), des vedettes francophones (ou qui font un réel effort pour s’exprimer dans la langue de la majorité), une relation directe avec le développement de talents locaux via l’Académie et, surtout, des résultats sportifs surprenants depuis l’expansion de 2012, il est juste d’affirmer que l’Impact se positionne de plus en plus comme l’équipe du peuple et, n’en déplaise à certains, cette réalité ne fera que s’accentuer au cours des années à venir.

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