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«Je ne peux plus le voir, c’est un menteur.

– Tu en as marre de lui, mais moi, je dois traiter avec lui tous les jours!»

Cette conversation entre Nicolas Sarkozy et Barack Obama à propos de Benyamin Netanyahou remonte au 4 novembre 2011 quand ils croyaient que leurs micros étaient fermés, en marge du G20 à Cannes.

Le premier n’est plus à l’Élysée, le deuxième quittera la Maison-Blanche dans 22 mois et le troisième, contre toute attente, a été réélu la semaine dernière pour diriger Israël avec ce slogan vague, mais porteur pour les électeurs craignant pour la sécurité de l’État juif : «C’est eux ou nous!»

Si la victoire de «Bibi» a été chaleureusement accueillie à Ottawa, dans la capitale américaine, c’est la déception.

Contrairement à Stephen Harper, Obama ne s’est pas empressé de féliciter Netanyahou. Il a attendu 48 heures. Un silence protocolaire qui en dit long sur les relations entre le «roi d’Israël» et l’homme le plus puissant de la planète.

Le courant n’a jamais passé entre les deux depuis leur première poignée de main à la Maison-Blanche, le 18 mai 2009. Et lorsque, un mois plus tard au Caire, Obama réaffirma la solution des deux États pour mettre fin au conflit israélo-palestinien, ce fut le premier d’une série de coups de froid. Le dernier remonte au début du mois quand Netanyahou voua aux gémonies l’accord sur le nucléaire iranien que Washington aimerait conclure avec Téhéran à la fin du mois.

Au grand dam d’Obama, Netanyahou avait été invité au Congrès par le Parti républicain, dominé par les fondamentalistes chrétiens et proche de la droite israélienne.

Mais qu’Obama et Netanyahou ne s’entendent pas ne change rien aux liens affectifs, politiques et militaires (20 G$ d’aide en six ans) entre leur pays. Leur destin se veut inséparable, même si Israël coûte financièrement cher aux États-Unis.

Obama peut menacer de mettre quelques bâtons dans les roues de Netanyahou, il ne peut le «punir». Ce dernier le sait fort bien. Il profite même de la faiblesse politique du président qui lui, n’oublie pas que plus de 70 % du vote juif reste démocrate.

Obama doit donc jouer l’apaisement avec son malcommode allié. De plus, comment vraiment croire à un conflit ouvert entre les deux quand Washington ne fait rien pour s’opposer à la politique de colonisation israélienne qui rend de plus en plus virtuelle la création d’un État palestinien?

Israël connaît certes «des problèmes conjugaux» avec les États-Unis, comme l’a récemment rappelé le quotidien de gauche Haaretz, mais le vieux couple reste soudé.

Il n’y aura donc pas de divorce entre Obama et Netanyahou.

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