Josie Desmarais/Métro Une des œuvres du groupe est déjà restée près de trois semaines sur le coin d’une rue. Certains citoyens croient que les vidangeurs ont pris l’objet pour une œuvre permanente.

Tous les derniers vendredis du mois, une communauté de passionnés par la créativité se réunissent à Montréal pour des Creative Mornings inspirant, dont le dernier rassemblement, sous le thème Ink, accueillait Garbage Beauty. Garbage Beauty c’est un collectif de calligraphes urbains qui donnent une seconde vie aux meubles et objets jetés aux poubelles. Peut-être avez-vous déjà aperçu, au détour d’une ruelle, ces résidus marqués des jeux de mots de Garbage Beauty?

De #retour #après la #prose. #garbagebeauty #montreal

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Au gré de leur déplacements à vélo, ils repèrent de vieux meubles abandonnés, sortent leur marqueurs et inscrivent une phrase poétique, ludique, spontanée, à double-sens, inspirée par l’objet en lui-même, mais aussi son contexte et le lieu où il se trouve. Reflet de la société de consommation, du consommé-jeté, ils donnent une voix à ces détritus, avant qu’ils ne s’éclipsent complètement.

 

Avant de disparaître de vos trottoirs, certains de ces objets ont encore des choses à vous dire.

Une galerie d’art logeant au coeur des médias sociaux

Au départ, ce mode d’expression demeurait assez sauvage, inspiré de l’esprit des graffiteurs, langage premier de Vincent, Romain, Olivier et Étienne (les quatre membres de ce collectif). Avec l’arrivée des médias sociaux, notamment Instagram, ils ont peu à peu utilisé cette plateforme pour exposer leur travail, comme une galerie à ciel ouvert, immortalisant le tout dans un univers virtuel. L’engouement de la communauté fut immédiat. Sont nés un site Web, une page Facebook et un compte Twitter.

 

Alors que leur démarche se manifestait de façon plutôt anonyme, les médias sociaux sont venus donner une visibilité encore plus grande à leurs créations, une troisième vie en quelque sorte, un lien d’échange privilégié avec ceux qui apprécient leur dégaine. Sur Instagram, les utilisateurs identifient les photos qu’ils prennent à l’aide d’une mention de leur compte ou du hashtag #garbagebeauty. Pratiquement devenue une chasse aux trésors urbaine, les photographes mobiles n’hésitent pas à partager leurs clichés de ces télés ou portes transformées. Sachez alors que le 1er juillet, jour des déménagements à Montréal, est celui le plus prolifique pour les street artists, qu’ils ont rebaptisé avec humour le « Garbage Beauty Day ». Un passant a même soumis une photo au concours organisé par National Geographic, mettant en vedette une mise en scène de Garbage Beauty. La créativité montréalaise s’exprime de toutes les façons!

 

Commentaires laissés sur Facebook par des adeptes déçus d'avoir jeté leur meuble!

Commentaires laissés sur Facebook par des adeptes déçus d’avoir jeté leur meuble!

Le collectif agrandit désormais son territoire, sortant de la région de Montréal, laissant des traces de leur passage à Miami, New York ou Paris. Garbage Beauty n’est pas rémunéré pour ces oeuvres. C’est une façon pour eux d’embellir le paysage en portant à réflexion, d’immortaliser l’éphémère. De mon côté, je rêve secrètement qu’ils roulent dans mon quartier pour donner une seconde vie à ma vieille table de salon qui aurait été laissée à la rue, par hasard…


 

Garbage Beauty sur Instagram, Facebook et Twitter.

Creative Mornings sur le Web, Facebook, Instagram et Twitter

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