C’est le début d’un temps nouveau. Une petite révolution se concocte à Mont­réal. La Ville débutera une consultation sur la bouffe de rue ou ambulante dès le mois d’août. Le responsable du développement économique au comité exécutif de la Ville, Richard Deschamps, dit que «ça s’inscrit dans l’esprit de Montréal, qui est une ville festive, créative et gastronomique; c’est une tendance mondiale». Il ajoute : «On a un préjugé favorable pour faire quelque chose qui soit de qualité, diversifié et bien encadré.» Cela pourrait donc arriver plus vite qu’on le pense.

Si cela devait se matérialiser, résidants et visiteurs pourraient dorénavant vivre la riche expérience culinaire montréalaise simplement
en déambulant dans les rues. Si, comme le rapporte Marie-Claude Lortie dans La Presse, des hommes comme Francesco Bandarin, sous-directeur général de l’UNESCO pour la culture, sont toujours séduits par Montréal, ils n’en seront que plus charmés dès lors que le talent culinaire pourra pleinement s’y exprimer.

Une ville dynamique, habitée par des gens créatifs, comme le dit l’homme de l’UNESCO, une ville de design, ne pourra que s’enrichir grâce à une telle décision. D’ailleurs, les précurseurs illustrent à juste titre la richesse d’expérience que peut procurer une telle liberté retrouvée. Le Muvbox, situé dans le Vieux-Montréal, avait testé le concept en s’installant dans le Vieux-Port sur les terres fédérales. Cette aventure s’est avérée un succès, tant sur le plan architectural que culinaire.

Et que tous les détracteurs et pourfendeurs de la malbouffe qui pourraient croire que le nouveau règlement est une occasion de plus pour déguster des plaisirs coupables se détrompent. Tant Muvbox que la Grumman ‘78 ont permis de faire des trouvailles gastronomiques tout en profitant des beautés de la ville.

Personne ne parle d’une pratique échevelée. Au contraire. Montréal gagnera à bien encadrer la bouffe de rue, de manière à ce qu’elle s’ajoute à l’offre actuelle et contribue au positionnement festif et hédoniste de la ville.

Des villes comme New York, Toronto et Portland le font déjà depuis longtemps. L’expérience de Portland pourrait d’ailleurs nous
inspirer dans le développement d’un modèle propre à Montréal.

On peut se demander pourquoi cela a été si long, mais ce serait bouder son plaisir. Il faut se réjouir. La créativité pourra bientôt s’exprimer partout et sous différentes formes. Maintenant, le talent culinaire mont­réalais ne sera plus confiné aux cuisines, et les casseroles pourront aussi prendre l’air pour exprimer autre chose que le mécontentement. Montréal arrive en ville.

Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro.

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