Le bras de fer se poursuit entre la Commission scolaire de Montréal (CSDM) et le gouvernement du Québec. La CSDM a publié une liste de services à couper, allant de la réduction du service de transport scolaire à la diminution de la portée des services alimentaires, en passant par la fin du financement de certains projets ayant pour but de stimuler les élèves, comme la robotique. Ces coupes directes dans les services aux élèves ont relancé les hostilités avec le gouvernement du Québec.

Le climat d’affrontement ne date pas d’hier. La présidente de la CSDM, Catherine Harel-Bourdon, et l’ancien ministre de l’Éducation Yves Bolduc avaient eu maille à partir l’été dernier lorsque la commission scolaire avait déposé un budget déficitaire de 29,3 M$. Le ministre avait demandé un plan de redressement et exigé en septembre un effort immédiat de 9 M$. Après un refus et une menace de tutelle, l’épisode s’était terminé par l’envoi d’un vérificateur et une promesse de collaboration. Le scénario semble vouloir se répéter.

On peut être d’accord avec Mme Harel-Bourdon pour dire qu’il manque de ressources dans le réseau de l’éducation. Il faut aussi dire que la situation de la Commission scolaire de Montréal est tout à fait particulière. Un fort taux de défavorisation, jumelé à une diversité culturelle liée à l’intégration de nouveaux arrivants, complexifie la réussite scolaire. La moitié des élèves n’ont pas le français comme langue maternelle. Quarante pour cent vivent sous le seuil de la pauvreté. Toutefois, le rapport [du vérificateur dépêché par la firme] RCGT (Raymond, Chabot, Grant, Thornton) nous permet de croire qu’il y a moyen de faire mieux. Ce que les directions d’établissements scolaires du territoire croient aussi.

Agir en silo ne fonctionne pas. La commission scolaire doit retourner vers ses partenaires plutôt que de brandir des épouvantails. Car il est important de dire que les directions d’établissements disent avoir proposé des solutions qui ont été rejetées du revers de la main par la CSDM. Un plan qui, aux dires de la porte-parole, aurait permis de faire un bout de chemin, non sans impact, mais avec un minimum d’impacts.

Nous sommes tous d’accord pour dire que le système d’éducation mérite des investissements nécessaires. Les Québécois ne sont sûrement pas faits en chocolat, comme le croit le ministre, mais la croissance de 0,2 % est sans doute insuffisante. Il y a cependant des pistes de solutions pour faire mieux qui méritent d’être évaluées, en particulier la réduction de l’administration au profit de davantage d’autonomie dans les écoles.

Dans tout ce débat, il faut revenir à l’essentiel :les enfants. De manière plus large, on peut aussi dire qu’il faut revenir à la vision à long terme. Idéaliste peut-être, mais pourtant la réussite scolaire des petits est essentielle au Québec de demain. Dans cette nouvelle querelle, l’enfant semble malheureusement bien loin.

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