Deux fois plutôt qu’une, les représentants du gouvernement conservateur ont brillé par leur absence lors d’événements d’envergure cette semaine. Pas un seul délégué officiel n’était présent à la rencontre de l’Assemblée des Premières Nations, et aucun membre de l’équipe de Stephen Harper ne s’est pointé au Sommet sur le climat à Toronto. Ce sont pourtant deux dossiers d’importance qui touchent directement la population.

S’il est vrai que le gouvernement canadien a été montré du doigt pour son attitude face aux peuples autochtones ainsi que pour sa gestion du dossier de l’environnement, ce n’est pas une excuse pour que ses membres restent chez eux. Au contraire, ces deux rendez-vous étaient une occasion pour eux de présenter leur version des faits. En matière autochtone, la position de Stephen Harper mérite des éclaircissements.

D’un côté, il a fait des excuses au nom des Canadiens en 2008 pour le traitement infligé aux enfants dans les pensionnats indiens.  De l’autre, il a préféré parler d’«assimilation forcée» plutôt que de «génocide culturel» lors du dépôt du rapport de la Commission vérité et réconciliation le mois dernier. Son gouvernement en aurait donc eu long à dire ou à expliquer.

Pour leur part, Thomas Mulcair et Justin Trudeau n’ont pas manqué l’occasion de partager leur vision et leurs propositions avec les délégués des Premières Nations, qui représentent près de 5 % de la population.

Cible de toutes les attaques, l’absence conservatrice au Sommet sur le climat tenu à Toronto laisse aussi perplexe. Le premier ministre Philippe Couillard, la première ministre de l’Ontario Kathleen Wynne et le gouverneur de la Californie Jerry Brown ont rappelé au gouvernement canadien qu’il était possible de conjuguer développement économique et lutte aux changements climatiques, sans manquer d’affirmer qu’il se faisait tard et que toutes les actions comptaient.

Stephen Harper a la réputation de ne jamais rien faire pour rien. Il est vrai que son parti investit des sommes et une énergie considérables pour étudier l’électorat et pour mobiliser ses partisans. Bref, le premier ministre est un adepte de la segmentation et de l’adaptation du message en fonction d’un électorat bien précis. Jusqu’à maintenant, cette stratégie lui a bien réussi sur le plan électoral.

Il y a parfois des enjeux qui méritent davantage d’attention. Des enjeux structurants pour l’avenir et qui ne sont pas nécessairement immédiatement payants sur le plan politique. C’est le cas de l’environnement et des relations avec les peuples autochtones. Pour les générations futures, ils méritent davantage qu’une chaise vide.

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