Enfin, l’événement mondial de l’année est arrivé! Une célébration de la beauté et de la résilience de l’esprit humain, qui rassemble les peuples de la planète, animés par un sentiment de fraternité. Mais non, je ne parle pas de Rio. Je parle du Forum social mondial (FSM), le plus grand rassemblement mondial de la société civile, qui, pour la première fois cette année, se déroule dans une ville du nord plutôt que du sud. Quelle ville? La nôtre! Des dizaines de milliers de militants des droits humains, organisateurs communautaires, intellectuels, auteurs, artistes, syndicalistes, scientifiques et travailleurs débarquent chez nous cette semaine.

Tandis que le monde médiatique n’aura d’yeux que pour les Jeux olympiques, tout ce beau monde venu des quatre coins de la planète sera en pleine effervescence dans les salles de spectacle, universités, agoras et places de Montréal, réfléchissant aux grandes transformations de l’humanité : celles qu’il faut stopper (inégalités, changements climatiques) et celles qu’il faut désormais mettre en œuvre pour créer un autre monde «nécessaire et possible». Ils feront état des défis, partageront leurs bonnes pratiques et élaboreront des stratégies pour provoquer les changements économiques, sociaux, environnementaux qui s’imposent.

Si vous n’avez jamais entendu parler du FSM, c’est qu’on ne lui accorde pas la même attention qu’à son cousin, le Forum économique mondial de Davos, qui réunit, lui aussi chaque année, les chefs des grandes entreprises et les dirigeants politiques du monde.

Le FSM a ses racines dans les contestations altermondialistes des années 1990, lorsqu’une collaboration entre les mouvements sociaux du nord et du sud s’est formée pour contester l’essor du modèle néolibéral. Une effervescence montait en Amérique latine, et la ville de Porto Alegre, qui menait une expérience avec une forme participative de gouvernement local, est naturellement devenue la terre d’accueil du premier FSM, imaginé comme un contrepoids au Forum économique mondial de Davos : alors que l’un se penche sur l’état de l’économie mondiale, l’autre se préoccupe de la situation des peuples et de la planète.

Parmi les thèmes abordés cette année, il y a les changements climatiques et la manière dont ils aggravent encore plus les inégalités planétaires. On parlera aussi de droits humains, de démocratie, d’éducation, de fiscalité. Une question majeure qui occupe de plus en plus l’agenda des progressistes est au programme : l’usurpation de nos droits par l’industrie de l’informatique et par les gouvernements qui nous surveillent. On y parlera du rôle crucial que joue la société civile au XXIe siècle, à la fois comme contre-pouvoir et comme architecte de solutions novatrices. La société civile doit continuellement revoir ses stratégies d’influence, ses moyens de se faire entendre et de convaincre les populations et les gouvernements du bien-fondé de l’analyse qu’elle fait.

Quinze ans après le premier FSM, les enjeux ne sont pas nommés de la même façon : on parle d’inégalités au lieu de pauvreté, on parle de justice climatique au lieu de développement durable. Mais la force sous-jacente est toujours la même, c’est celle d’une volonté infatigable de bâtir un monde juste et sain pour tous les peuples de la planète.

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