Métro Des piétons se font régulièrement interpeller pour avoir traversé illégalement à un feu rouge, mais cela arrive bien plus rarement aux automobilistes quand ils omettent de céder le passage aux traverses.

Voyez-vous souvent des policiers se cacher aux abords des passages piétonniers pour remettre des contraventions aux automobilistes délinquants qui omettent de céder le passage aux enfants et aux familles?

Personnellement, je n’en ai jamais vu un seul. Mais des piétons qui se font interpeller pour avoir traversé illégalement à un feu rouge (même s’il n’y avait aucune voiture dans les parages), ça, j’en ai croisé plusieurs.

Pas plus tard que la semaine dernière, des rues du Vieux-Montréal se sont transformées en véritables «trappes à tickets», selon ce que rapportait Le Journal de Montréal en début de semaine. Des policiers étaient cachés dans des voitures banalisées à certaines intersections pour attendre des piétons fautifs, puis bang ! ils sortaient le carnet de contraventions. Des agents seraient même allés jusqu’à courir après quelques piétons pour leur remettre un constat. Si ça, ce n’est pas du dévouement pour la cause…

Bizarrement, on sent ces mêmes policiers pas mal moins mobilisés dans la situation inverse. Quand voit-on des agents remettre des constats aux automobilistes qui s’immobilisent en plein milieu des traverses piétonnières aux feux rouges? Combien de «tickets» donne-t-on aux conducteurs qui font totalement abstraction des piétons qui tentent de traverser la rue en toute légalité sur un passage jaune moutarde? Trop peu pour le nombre d’infractions commises quotidiennement.

L’été dernier, mon collègue journaliste du Flambeau Mercier-Anjou, Steve Caron, a fait le test sur la rue Ontario, dans Hochelaga-Maisonneuve. Son test n’a rien de scientifique mais s’avère tout de même révélateur. Sur 60 automobilistes qui auraient dû s’immobiliser à l’approche d’une traverse (sous peine de contravention, doit-on le rappeler), 47 ont délibérément choisi de ne pas le faire. Certains piétons se sont même fait injurier et klaxonner par les automobilistes. Imaginez!

Mais ça, le SPVM ne semble pas s’en formaliser, lui qui multiplie les opérations contre les piétons. Selon le rapport annuel 2014 du SPVM (le plus récent que j’aie pu obtenir de leur part), 15 545 constats ont été remis en 2010 à des piétons qui avaient commis une infraction sur le réseau routier. Quatre ans plus tard : 22 708 constats, soit une augmentation de 45 %.

Et comprenons-nous bien ici : je ne suis pas en train de laisser entendre que les piétons délinquants ne méritent pas un brin d’attention du SPVM. Au contraire. On finit tous par prendre des risques inutiles en traversant n’importe où, souvent distraits que nous sommes, en plus, par notre téléphone intelligent ou nos écouteurs aux oreilles.

Il doit cependant y avoir un retour du balancier envers les conducteurs fautifs, à commencer par le respect des passages piétonniers. Les «trappes à tickets» (ou les «opérations de sensibilisation», pour utiliser le langage du SPVM) devraient avant tout servir à sanctionner les moins vulnérables sur le réseau routier, ceux qui peuvent enlever la vie (et j’en suis) : les automobilistes.

Test peu concluant
Selon l’expérience menée par un journaliste du Flambeau Mercier-Anjou l’été dernier, sur 60 automobilistes qui auraient dû s’immobiliser à l’approche d’une traverse (sous peine de contravention, doit-on le rappeler), 47 ont choisi de ne pas le faire. Certains piétons se sont même fait injurier et klaxonner par les automobilistes. Imaginez !

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