Photo: Chantal Levesque - Montage: Steve Côté En vertu d’une entente de confidentialité avec la SRC, le promoteur ne peut pas nous fournir les plans et les images de la tour qui a été reléguée aux oubliettes. Finalement, Radio-Canada restera sur le site actuel.

La rumeur était fondée, en fin de compte: la Société Radio-Canada (SRC) a sérieusement évalué, jusqu’à tout récemment, la possibilité de déménager ses studios et ses employés au cœur du Quartier des spectacles (QDS), coin de Bleury et Sainte-Catherine.

Le projet était si sérieux que le propriétaire du site, le développeur et gestionnaire immobilier Canderel, avait embauché, début 2015, la plus importante firme d’architecture du Québec, Lemay, pour dessiner les plans préliminaires.

Le groupe évaluait la possibilité de bâtir des espaces totalisant 400 000 p² dans une tour de 15 étages qui aurait fait disparaître le terrain en friche où se dressait autrefois le Spectrum, avant sa démolition en 2008. C’est le réputé architecte Andrew King, concepteur principal du nouveau CHUM, qui chapeautait le dossier.

«Plusieurs personnes du QDS adoraient le projet parce qu’il aurait permis d’avoir davantage de vie dans le quartier durant le jour, me confie Daniel Peritz, vice-président principal chez Canderel. Ça aurait amené des milliers d’employés et de visiteurs sur la rue Sainte-Catherine.»

L’architecture de cette nouvelle maison radio-canadienne proposait notamment d’ouvrir complètement l’édifice au niveau de la rue, en y installant non seulement des commerces, mais aussi des espaces de performance sous une immense marquise. L’idée était de permettre à la SRC de se rapprocher physiquement de son public, au quotidien.

«Les Montréalais auraient été très fiers de l’architecture de cette tour», insiste M. Peritz. Sans vouloir divulguer un montant précis, l’homme d’affaires avoue que son entreprise a dû investir des «sommes importantes» dans cette aventure (j’ose m’avancer en parlant de centaines de milliers de dollars) en espérant convaincre la SRC d’y emménager, mais en vain.

Radio-Canada a finalement annoncé, il y a trois semaines, vouloir bâtir ses nouvelles installations sur son site actuel, à l’ouest du pont Jacques-Cartier, en vendant sa tour austère et le reste du quadrilatère à un consortium d’architectes et d’entrepreneurs. Plus de détails viendront cet automne.

M. Peritz ne cache évidemment pas sa déception, argumentant qu’un tel projet aurait probablement été plus profitable pour la société d’État. «L’idée de reprendre le terrain actuel [de Radio-Canada] pour redévelopper un quartier, avec des résidences et des commerces, c’est le gros bon sens, poursuit-il. Mais est-ce que Radio-Canada devait rester là? Est-ce la meilleure avenue pour augmenter sa visibilité et se rapprocher de son public?»

Le promoteur conclut en disant qu’il aurait bien souhaité me fournir les plans et les images de sa tour pour amener indirectement le débat sur la place publique. Malheureusement, une entente de confidentialité avec la SRC l’en empêche, même si son projet a officiellement été relégué aux oubliettes. Une autre belle preuve du manque de transparence de Radio-Canada dans ce dossier controversé, qui aura été entièrement piloté derrière des portes closes.

Aussi dans Paysages fabriqués :

Nous utilisons maintenant la plateforme de commentaires Facebook Comments sur notre site web. Grâce à celle-ci, vous pourrez laisser vos commentaires par l’entremise de votre compte Facebook directement sous les articles sur notre site web. Pour ceux qui ne sont pas membres du réseau social, nous vous invitons à faire vos commentaires via l’adresse courriel opinions@journalmetro.com. Merci de nous lire!