Avec les débats entre les candidats, la course à la succession de Jean Charest est vraiment lancée. Le parti de Godbout, de Lesage et de Lévesque tentera de retrouver sa grandeur d’antan et la confiance des Québécois, particulièrement celle des francophones, qui l’ont pratiquement déserté.

Passons rapidement sur Pierre Moreau, qui a sorti de nulle part l’idée saugrenue d’abolir les cégeps. Avant de s’embarquer dans le casse-tête administratif que cela représenterait en regard de bénéfices bien marginaux, ne pourrait-on pas s’occuper du dossier des universités, qui est loin d’être réglé? Bonjour priorités.

Passons aussi sur Philippe Couillard. Le changement de carrière du bon docteur lorsqu’il a quitté la vie politique laisse songeur, mais monsieur Couillard n’a pas pu cautionner les agissements récents du PLQ, puisqu’il n’y était plus depuis 2008. Donnons-lui le bénéfice du doute… pour l’instant.

Mais Raymond Bachand, lui, était là. Ça ne l’a pas empêché, à propos de la crise de confiance à l’égard du politique, d’assurer que lui «n’attendrait pas des mois» s’il y avait des «allégations sérieuses». Ah oui?

Parlez-en à Martin Drapeau, le militant libéral qui, à l’occasion d’un congrès du parti, avait proposé de débattre de l’opportunité de tenir une commission d’enquête sur l’attribution des contrats publics. Tout le Québec était scandalisé par l’odeur de collusion qui se répandait depuis des mois, mais pas une seule main libérale ne s’était levée dans la salle pour appuyer la proposition. Où étiez-vous, monsieur Bachand?

Ou étiez-vous, quand des journalistes, puis des parlementaires, puis le Directeur général des élections, empilaient les cas de financement douteux ou illégal impliquant le Parti libéral? Paolo Catania, Luigi Coretti, Axor, ça vous dit quelque chose?

Où étiez-vous quand pas un, pas deux, mais trois de vos collègues – Norm Macmillan, Michelle Courchesne et Julie Boulet, pour ne pas les nommer – ont affirmé candidement que le financement des partis politiques par les entreprises était parfaitement légal?

Tout ça ne vous a pas semblé louche, surtout lorsqu’on a appris que votre collègue Nathalie Normandeau était capable de récolter 43 000 $ en dons en une seule soirée?

Dimanche, vous avez aussi évoqué que vous auriez fait les choses différemment pendant la grève étudiante, que vous vous seriez engagé personnellement. Vous étiez ministre des Finances. Où étiez-vous quand Léo Bureau-Blouin et Martine Desjardins étaient assis dans les estrades du Salon bleu et que le premier ministre ne trouvait même pas quelques minutes pour leur parler?

Il y a des moments dans la vie d’un élu où les enjeux doivent prendre le dessus sur la solidarité ministérielle en troupeau. Pendant qu’une partie du Québec était dans la rue et que l’autre se désolait de ses politiciens, vous êtes sagement resté derrière votre chef. C’est bien de reconnaître ses torts après coup. Mais c’est encore trop facile, eu égard à la gravité des événements et à leurs conséquences, et eu égard surtout au fait que le Québec au complet attendait qu’un membre du gouvernement dont vous faisiez partie agisse en homme – ou en femme – d’État.

Vous avez eu votre chance. Vous n’aviez pas ces convictions, ou vous avez manqué de courage. C’est loupé.

Les opinions exprimées danscette tribune ne sont pasnécessairement celles de Métro.

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