Obama a défendu sa gestion du dossier Keystone, jeudi.

En janvier dernier, l’administration Obama annonçait le rejet du projet controversé de construction de l’oléoduc Keystone qui doit relier les sables bitumineux de l’Alberta aux raffineries du Texas. Deux mois plus tard, c’est presque la queue sous le ventre qu’on a vu le président américain défendre sa gestion du fameux dossier.

Pour éviter que cela ne saute trop aux yeux qu’il a cédé aux pressions du lobby des sables bitumineux de l’Alberta, Obama a également annoncé qu’il accélérerait le processus de révision du projet pour le tronçon sud de l’oléoduc, reliant Cushing, en Oklahoma, aux raffineries du Texas.

Le président américain a profité de la conférence de presse de jeudi  pour critiquer ses rivaux politiques, particulièrement dans le camp républicain, qui lui ont imposé un calendrier serré visant à l’empêcher de prendre une décision informée sur le projet. Il leur a également reproché d’avoir essayé de faire du capital politique avec le dossier de Keystone sans regard pour la santé et la sécurité des gens qui vivent tout au long du parcours de l’oléoduc qui doit faire 1,170 miles.

Pour les Républicains, c’est trop peu, trop tard. Ils qualifient les déclarations du président de coup de publicité, puisqu’il n’a pas de contrôle direct sur l’approbation du trajet de l’oléoduc qui dépend davantage des différents états concernés.
De leur côté, les environnementalistes qui, depuis le début, s’opposent au projet de l’oléoduc, se disent également  insatisfaits de la proposition d’Obama et lui reprochent de couper les coins ronds dans le processus de révision.  Un geste imprudent, selon eux, compte tenu des dangers réels de fuite.

Ceci dit, Obama ne pouvait continuer de résister au lobby du pétrole, car depuis le mois de janvier, on a vu le prix du gallon augmenter de 0.50$. Cette flambée des prix de l’essence représente une véritable menace pour la réélection du président  puisqu’elle risque d’annuler les retombées positives d’une baisse de l’impôt sur le revenu qu’Obama avait mis au centre de son projet de création d’emplois l’automne dernier. Les Républicains ne rateront pas l’occasion de le rendre responsable de la flambée, même si aucun président n’a réellement de contrôle sur les prix de l’essence.

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