Le maire de Montréal, Denis Coderre, veut limiter d’ici 2018 la vitesse à 30 km/h dans toutes les rues locales et résidentielles de la métropole ainsi que dans de nombreuses artères centrales.

Une même mesure devrait être imposée aux alentours des zones scolaires et des terrains de jeu, ainsi que dans l’ensemble du secteur du Vieux-Montréal. Dans ce dernier, une limite de 20km/h pourrait même être mise en place sur certaines rues, comme la rue Saint-Paul.

Les rues commerciales étroites, avec une seule voie de circulation, comme l’avenue du Mont-Royal et la rue Masson, seraient elles-aussi concernées par cette mesure.

Hormis la rue Notre-Dame, l’ensemble des artères situées dans les secteurs centraux, entre les boulevards Décarie et Crémazie, de même que l’autoroute 25 et le fleuve Saint-Laurent, verraient quant à elles leur vitesse abaissée à 40 km/h.

Plusieurs secteurs industriels, à l’image des boulevards Lacordaire, Maurice-Duplessis, Viau et Saint-Michel, ainsi que l’avenue Christophe-Colomb, passeraient eux-aussi de 50 à 40 km/h. En revanche, des artères situées en périphérie ou au nord de l’autoroute 40, telles le boulevard Henri-Bourassa ainsi que des portions de l’avenue Papineau, du boulevard Pie IX et de la rue Sherbrooke Est conserveraient leur limitation actuelle.

«De la cohérence»
Saluant des mesures déjà prises dans le Plateau–Mont-Royal, Rosemont–La Petite-Patrie, Hochelaga–Maisonneuve et Verdun, le maire de Montréal a indiqué vouloir «harmoniser» la vitesse sur l’ensemble de l’île. Alors que les limitations de vitesse dans les secteurs résidentiels sont des compétences des arrondissements, Denis Coderre a demandé «de la cohérence».

«Si vous avez une place où c’est 40 km/h, une place où c’est 30km/h, puis ça retombe à 50 km/h, ça n’a pas de bon sens», a-t-il clamé mardi, au cours d’une conférence de presse.

D’ici 2018, afin de mettre en place ces mesures, le maire Coderre demande aux arrondissements de modifier leurs règlements. En cas de refus, l’administration municipale imposera ces limitations, a prévenu l’élu. «S’il y a trop de récalcitrants, on fera comme d’habitude, on harmonisera, a-t-il promis. La ville-centre ira chercher un règlement pour être sûr que ça s’implante partout.»

Ce dernier, qui a prévu un budget de 2M$ pour l’installation d’une nouvelle signalisation, a également précisé que les probabilités de décès pour un piéton passeraient de 85% en cas de collision avec un véhicule roulant à 50 km/h, à 30% avec une vitesse limitée à 40 km/h.

Dautres mesures souhaitées
«Heureux» de cette annonce, Projet Montréal s’est montré néanmoins «prudent» et a réclamé d’autres mesures. «Il ne faut pas qu’une limitation de vitesse. Il faudra aussi rétrécir les voies et avoir de plus grandes saillies de trottoir. Il faut que l’environnement induise le comportement de l’automobiliste», a assuré la conseillère du Plateau–Mont-Royal, Marianne Giguère.

Ce sentiment est partagé par différents organismes. Tout en saluant des décisions «demandées depuis des années», Vélo Québec espère «d’autres mesures physiques». «Il faut changer le paysage urbain, avoir des mesures de ralentissement pour faire comprendre aux automobilistes qu’ils ne sont plus seuls sur les routes», a souligné le vice-président de l’organisme, Jean-François Pronovost.

Pour le Centre d’écologie urbaine de Montréal (CEUM), «Montréal pose un geste fort en priorisant la sécurité des usagers face à la vitesse». «Maintenant, il faudra aussi rendre toutes les intersections conviviales et sécuritaires», a réagi Véronique Fournier, la directrice du CEUM.

Même si elle voit elle-aussi d’un œil ces annonces «qui peuvent aider à réduire les accidents dans les rues résidentielles», l’Association pour la protection des automobilistes (APA) s’est montrée quant à elle un brin perplexe. «Des commerçants sont inquiets, a rapporté George Iny, président de l’APA. Des mesures qui rendent difficiles la navigation dans une ville ont un effet négatif sur l’achalandage des gens venant de l’extérieur de l’île.»

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