Andrew Vaughan Andrew Vaughan / La Presse Canadienne

SAINT-JEAN, T.-N.-L. — L’opposition au projet de barrage hydroélectrique de Muskrat Falls, au Labrador, prend de l’ampleur à Saint-Jean mais aussi sur le terrain, alors que l’on s’apprête à créer le réservoir en inondant une vaste région.

Huit personnes qui manifestaient au chantier du barrage ont été arrêtées lundi matin, après que le promoteur Nalcor Energy a obtenu une injonction du tribunal, dimanche, afin d’empêcher les opposants de bloquer l’entrée au site.

Et dans la capitale, une trentaine de manifestants se sont rassemblés lundi matin devant la Chambre d’assemblée de Terre-Neuve-et-Labrador. L’organisatrice Denise Cole a affirmé que l’inondation d’un territoire autochtone traditionnel constituait une atteinte aux sources de nourriture et à la culture locales. Elle souhaite l’abandon du projet, dont les coûts sont maintenant évalués à 11,4 milliards $.

Pendant ce temps, l’artiste inuit Billy Gauthier, de North West River, près de Happy Valley-Goose Bay, poursuivait lundi pour la quatrième journée sa grève de la faim. La vidéo sur sa page Facebook a été vue plus de 34 000 fois.

Le réservoir de 120 kilomètres carrés qui sera formé près de Happy Valley-Goose Bay — couvrant une région grande comme la ville de Vancouver — sera situé en aval d’une région où vivent 2000 Inuits qui se nourrissent principalement de poisson et de viande de phoque.

Des chercheurs avaient suggéré de procéder d’abord à une coupe à blanc et de retirer la couche arable afin de réduire au maximum la contamination au méthylmercure dans le réservoir. Cette neurotoxine est produite lorsque le mercure organique, dans un environnement stagnant, est «méthylé» par une bactérie. Le méthylmercure est lié notamment à des problèmes cardiaques et à des déficiences intellectuelles chez les enfants.

La société de la Couronne Nalcor Energy, responsable du projet hydroélectrique, a minimisé les résultats de ces recherches scientifiques et refusé de nettoyer ce qui deviendra le fond du réservoir du barrage.

La députée néo-démocrate provinciale Gerry Rogers, qui a rencontré les manifestants lundi à l’extérieur de la Chambre d’assemblée, affirme que le précédent gouvernement conservateur, en poste pendant 12 ans jusqu’à l’automne dernier, a ignoré toutes les inquiétudes soulevées. De son côté, le nouveau gouvernement libéral rejette le blâme sur les conservateurs, mais refuse aussi de tenir compte des études de Harvard, selon la députée Rogers.

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