Jacques Boissinot / La Presse Canadienne Jean-François Lisée

QUÉBEC — Le chef péquiste Jean-François Lisée a déclaré mardi que la dégradation des services à la population empêche toute baisse d’impôt à court terme.

M. Lisée a affirmé du même souffle qu’une hausse des impôts n’est également pas envisageable en raison du fardeau fiscal déjà important des contribuables.

«Je pense que dans l’état actuel de la dégradation des services, la priorité est de bien s’occuper de nos enfants, a-t-il dit. Non, je ne vois pas de baisses d’impôts à court terme, je vois une amélioration des services.»

À l’Assemblée nationale, le nouveau chef péquiste a posé sa première question en Chambre depuis son élection il y a une dizaine de jours.

Citant un rapport du protecteur du citoyen, M. Lisée a accusé le premier ministre Philippe Couillard d’être responsable d’une dégradation des services à la population en raison des efforts faits pour rétablir l’équilibre budgétaire.

«Pendant toutes ces années, pendant tous ces mois, après avoir vu les trous, il disait qu’il n’y avait pas de coupures, a-t-il dit. Bien, il y en a.»

M. Couillard a affirmé qu’il a hérité du précédent gouvernement péquiste une situation qui mettait les services publics en péril.

«Je lui défie de montrer un ministère dont le budget a été diminué, a-t-il dit. Le rythme d’augmentation a été diminué, ce qui nous permet de rétablir l’équilibre.»

Par la suite, lors d’un débat, M. Lisée a affirmé qu’il s’opposera à toute baisse d’impôt préélectorale que les libéraux pourraient décider.

«Je donne le préavis qu’on n’embarquera pas là-dedans», a-t-il dit.

Plus tôt, le chef de la Coalition avenir Québec (CAQ), François Legault, s’est appliqué à démontrer que la lune de miel de M. Lisée ne durera pas.

Dans une conférence de presse où l’arrivée de M. Lisée à l’Assemblée nationale était le thème central, M. Legault a dépeint le nouveau chef péquiste comme une menace pour le porte-monnaie des contribuables.

«Chaque fois que Jean-François a une idée, il pense aussi à ajouter un programme gouvernemental, a-t-il dit. Jean-François Lisée, c’est une idée, une dépense, une taxe.»

M. Legault a expliqué que ce n’est qu’une question de temps avant que le discours de son parti sur le nationalisme et sur l’économie n’ait raison de la lune de miel de M. Lisée.

Le chef caquiste a également rappelé que M. Lisée, et les libéraux, se sont opposés à sa promesse de réduire les impôts de 1000 $, en utilisant les surplus du Fonds des générations.

Fort de son expérience personnelle et des observations tirées du passage de Pierre Karl Péladeau à la tête du Parti québécois, M. Legault a affirmé qu’il était prêt à faire preuve de patience, devant la situation favorable de M. Lisée.

«À chaque fois qu’il y a un nouveau chef, il y a beaucoup de couverture médiatique, a-t-il dit. Ce n’est peut-être pas fini non plus. Mais, tôt ou tard, la réalité nous rattrape.»

Devant un nouveau sondage qui montre un recul de la CAQ, M. Legault a affirmé qu’il s’attendait à une meilleure performance de M. Lisée.

«Je m’attendais à ce que M. Lisée monte plus que ça avec toute l’attention médiatique qu’il a eue, a-t-il dit. Mais, ce qui est important, c’est que, moi, je reste serein, je suis patient, je sais que notre cause est bonne.»

Par ailleurs, la coporte-parole de Québec solidaire, Françoise David, a invité M. Lisée à éviter les manoeuvres partisanes.

Mme David a pointé vers la stratégie de M. Lisée pour tenter d’obtenir une candidature conjointe avec QS pour une élection partielle à Montréal, dans la circonscription de Verdun.

«Je pense que, lorsqu’on veut tenter des rapprochements avec un autre parti, lorsqu’on veut, entre guillemets, séduire les gens d’un autre parti, bien, on se comporte de façon moins cavalière, a-t-elle dit. On prend la peine de téléphoner, de prendre rendez-vous, d’avoir des discussions.»

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