Jacques Boissinot Jacques Boissinot / La Presse Canadienne

Quelque 500 personnes se sont rassemblées, mercredi soir, devant les résidences de l’Université Laval à Québec pour démontrer leur solidarité envers les victimes des agressions sexuelles présumées survenues dans la nuit de vendredi à samedi.

Au total, 15 personnes ont porté plainte à la police relativement à des intrusions dans leur chambre et de ce nombre, au moins quatre rapportent avoir été agressées sexuellement. Le bilan des victimes pourrait cependant augmenter, puisque les dernières plaintes enregistrées sont toujours en cours d’analyse.

Le rassemblement sous le thème «Sans oui, c’est non!» était une initiative du professeur titulaire Thierry Giasson. Le professeur en science politique a décrié sur les réseaux sociaux la gestion de crise du rectorat.

«La première chose qu’une administration doit faire, c’est s’occuper des victimes. Dans la même veine, il faut très rapidement communiquer avec l’ensemble des membres de la communauté, a insisté M. Giasson en entrevue avec La Presse canadienne. Être présent sur le terrain aussi, aller à la rencontre des gens pour les rassurer. L’inquiétude est le pire ennemi dans une gestion de crise.»

Le recteur, Denis Brière, s’est d’ailleurs joint aux personnes rassemblées devant le pavillon Alphonse-Marie-Parent mercredi soir. M. Giasson l’applaudit d’être resté tout au long de la soirée, malgré les maintes interruptions de son discours.

«La communauté s’est vraiment resserrée ce soir. Je ne pense pas avoir vu des événements comme ça depuis les dix dernières années sur le campus», s’est réjoui l’organisateur, saluant au passage la présence de députés de tous les partis.

Le ministre de la Condition féminine, Lise Thériault, a elle aussi pris part au rassemblement, après avoir été fustigée par l’opposition pour avoir mis cinq jours à se prononcer sur la situation, à la demande des journalistes. Elle était accompagnée des ministres de l’Éducation, de l’Emploi et de la Solidarité sociale ainsi que de l’Enseignement supérieur, soit Sébastien Proulx, François Blais et Hélène David.

Le comité féministe non mixte de l’Université Laval était également présent devant le pavillon où est survenue la vague d’intrusions. Dans la foulée des agressions présumées, ses membres ont tenu à souligner qu’il s’agissait d’un problème non pas de sécurité, mais bien «systémique».

«Ça fait suite au message envoyé à toute la communauté universitaire qui rappelait aux résidents et aux résidentes de barrer leur porte, expose Alexe Saulnier, une membre du comité. C’est un discours qui reproduit la responsabilisation des femmes dans leurs agressions sexuelles.»

La militante estime que le recteur devrait donner publiquement «son soutien inconditionnel aux survivantes» et qu’une sensibilisation accrue par rapport au consentement sexuel et à la culture du viol s’impose.

Elle s’est dite pour le moins étonnée par le long mutisme de la ministre de la Condition féminine, mais garde néanmoins espoir que les élus seront sensibles aux demandes des personnes présentes au rassemblement de mercredi soir.

Le Service de police de la Ville de Québec (SPVQ) a implanté, mercredi matin, un poste de commandement sur le campus afin de recueillir un maximum d’informations provenant du public.

En point de presse, un porte-parole de la police a mentionné que les autorités ne savaient toujours pas combien de suspects sont impliqués dans ces événements en raison d’un manque de clarté dans les images des caméras de surveillance.

Note aux lecteurs: Ceci est une version corrigée. Le professeur interrogé est Thierry Giasson et non Thierry Chiasson

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