MONTRÉAL — Les étudiants au doctorat en psychologie seront forts de nouveaux appuis lorsqu’ils rencontreront la ministre de l’Enseignement supérieur, Hélène David, pour réclamer une rémunération pour leur internat, notamment celui de la Commission jeunesse de son propre parti.

Les doctorants en psychologie, qui boycottent leur internat et leurs stages depuis sept semaines, doivent rencontrer dans les prochains jours la ministre David, qui devrait avoir en mains le rapport qu’elle a commandé sur cette question à l’ancien président de l’Ordre des psychologues du Québec, Luc Granger.

La Fédération interuniversitaire des doctorants en psychologie (FIDP) a présenté jeudi à Montréal une série de nouveaux appuis, dont ceux de la Fédération médicale étudiante du Québec (FMEQ) et de Force Jeunesse, mais aussi des ailes jeunesse du Parti libéral du Québec (PLQ) et du Parti Québécois (PQ).

«Nous voulons démontrer qu’il y a consensus; les psychologues sont d’accord, les patients d’accord et maintenant nous avons l’appui des grandes organisations jeunesse, incluant les jeunes des partis politiques», a indiqué le président de la Fédération, Eddy Larouche, en entrevue téléphonique avec La Presse canadienne.

M. Larouche est toutefois incapable pour l’instant de mesurer l’impact du boycott de l’internat, mais il rappelle que les 250 internes donnent chacun 1600 heures de travail au réseau à chaque année, soit un total de 400 000 heures représentant l’équivalent de 200 postes à temps plein qui ne sont plus disponibles.

«Il y a une forme de loyauté envers le ministère; les organisations (du réseau de la santé) n’ont pas intérêt à dire que c’est dramatique, mais nous avons des échos comme quoi la pénurie se sent», a indiqué Eddy Larouche.

«L’impact sur les listes d’attente après tout près de deux mois de boycott se fait certainement sentir parce que les internes, quand ils arrivent, prennent des quantités importantes de patients d’un coup et déchargent les listes d’attente», a-t-il ajouté.

Les doctorants en psychologie représentent 20 pour cent du nombre total de psychologues disponibles dans le réseau public et il est clair, selon M. Larouche, que les listes d’attente s’allongent.

Une société «distincte»

Depuis 2006, le titre professionnel de psychologue n’est plus accessible aux détenteurs de maîtrise et exige désormais un doctorat, ce qui implique une année d’internat en milieu hospitalier au terme de leur scolarité.

Or, contrairement aux futurs médecins, pharmaciens et infirmières spécialisées, ces étudiants ne reçoivent aucune rémunération lors de leur internat, bien que le travail de chaque psychologue interne représente l’équivalent de 80 pour cent d’un poste à temps plein durant son année d’internat.

Fait à noter, l’exigence du doctorat visait à ajuster la situation du Québec à celle du reste de l’Amérique du Nord. Cependant, le Québec est le seul territoire en Amérique du Nord où l’internat en psychologie n’est pas rémunéré. Au Canada, la rémunération moyenne est de 31 000 $ par année.

La Fédération n’a pas chiffré sa demande, mais elle estime que la rémunération de ses membres devrait se situer quelque part entre la moyenne canadienne et celle des médecins résidents québécois, qui s’établit autour de 45 000 $, de sorte que l’enveloppe réclamée se trouve dans une fourchette entre 7,75 millions $ et 11,25 millions $.

Les doctorants pouvaient déjà compter sur l’appui de l’opposition péquiste, du Comité pour la protection des malades, de l’Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux, de l’Association des psychologues du Québec et de l’Union étudiante du Québec.

Aucun nouveau moyen de pression n’est envisagé dans l’attente de la rencontre avec la ministre David. Un prolongement du boycott pourrait poser à terme un sérieux problème d’engorgement dans les hôpitaux, qui ne seraient pas en mesure d’accueillir la prochaine cohorte de finissants au doctorat pour l’année 2017-2018 en parallèle avec ceux de la cohorte 2016-2017.

Aussi dans National :

blog comments powered by Disqus