MONTRÉAL — Les 3600 travailleurs du préhospitalier syndiqués à la CSN vont être appelés à se prononcer sur un mandat de grève générale à être déclenchée au moment jugé opportun.

Il s’agit de paramédics, répartiteurs et employés de soutien qui travaillent pour des entreprises ambulancières dans la plupart des régions du Québec, ainsi que pour Urgences-Santé à Montréal et Laval.

Ces syndiqués étaient réunis, mercredi et jeudi à Québec, où ils faisaient le point sur la négociation de leurs conventions collectives qui a cours depuis plusieurs mois.

Les conventions sont échues depuis le 31 mars 2015. Plusieurs points sont en litige, notamment les salaires, l’organisation du travail, le régime de retraite, les horaires de travail et la charge de travail, a rapporté au cours d’une entrevue Dany Lacasse, vice-président du secteur privé à la Fédération de la santé et des services sociaux de la CSN.

Les représentants des syndicats du secteur préhospitalier de la CSN ont donc décidé d’accroître la pression, en demandant à leurs membres de se prononcer sur un mandat de grève générale à être déclenchée au moment opportun. Les services essentiels devront toutefois être maintenus advenant une grève.

Des assemblées générales des syndiqués se tiendront jusqu’au 27 novembre.

Cette négociation — qui a cours également avec 1000 autres travailleurs du préhospitalier syndiqués à la FTQ dans plusieurs régions — est compliquée par le fait qu’une réforme des services ambulanciers a été lancée par le gouvernement du Québec.

Le ministère de la Santé et des Services sociaux ne veut donc plus prendre part à la négociation des conventions collectives et en a délégué la responsabilité aux entreprises ambulancières, auxquelles il verse les fonds nécessaires.

Les syndicats ne l’acceptent pas. «Il contrôle toujours la négociation. C’est une façon pour lui de ne pas négocier les matières qui lui reviennent. Si on se ramasse en grève, dans les prochaines semaines, le seul à blâmer là-dedans, en priorité, va être bien sûr notre ministre, monsieur (Gaétan) Barrette», a critiqué M. Lacasse.

Denis Perrault, directeur général de la Corporation des services d’ambulance du Québec, qui regroupe la grande majorité des entreprises ambulancières hors de Montréal et Laval, confirme qu’il a pu déposer des offres salariales pour les deux premières années d’un éventuel contrat de travail, parce que la situation a été clarifiée entre Québec et les entreprises ambulancières.

Il s’agit d’ailleurs des mêmes augmentations que celles qui ont été accordées aux employés de l’État.

Mais pour les trois années suivantes, la corporation propose de rouvrir l’entente pour discuter alors des augmentations de salaire — ce que les syndiqués refusent.

D’ici à ce que les syndiqués de la FSSS-CSN se prononcent sur le mandat de grève, des moyens de pression axés sur la «visibilité» seront tout de même déployés.

«Dans les prochaines semaines, on va voir que… je ne sais pas si c’est parce que c’est la période de l’Halloween, mais on va voir apparaître des choses identifiables, chez les paramédics, auxquelles on n’est pas habitué», a prévenu M. Lacasse.

L’espoir persiste pourtant, puisque des négociations ont toujours cours entre les représentants de la FSSS-CSN et ceux de la Corporation des services d’ambulance, a confirmé le directeur général, M. Perrault. Une rencontre est même prévue vendredi.

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