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L’efficacité de la Société des alcools du Québec (SAQ) est au même niveau qu’il y a 27 ans, selon une étude publiée lundi par le Centre sur la productivité et la prospérité – Fondation Walter J. Somers de HEC Montréal (CPP). Face à ce constat, les consommateurs et la société québécoise se retrouvent perdants, croit Robert Gagné, directeur du CPP.

Bien que la SAQ ait permis au gouvernement québécois d’obtenir 1,7G$ en 2015, sa productivité est sensiblement au même niveau qu’en 1989, après avoir connu une chute importante en 2000. C’est la stratégie d’expansion de la SAQ, à la fin des années 1990, qui a entrainé une baisse de sa productivité, malgré la hausse des ventes.

«La SAQ est un monopole artificiel que le gouvernement ne surveille pas. Ce n’est pas suffisant d’exiger des dividendes. Le gouvernement ne doit pas gérer la SAQ à sa place, mais il doit établir des indicateurs». – Robert Gagné, directeur du Centre sur la productivité et la prospérité de HEC Montréal.

Selon l’étude, qui se nomme «Productivité  dans le secteur public Québécois: La SAQ», le gouvernement ne doit pas se contenter que de cibles à atteindre en matière de dividendes pour ce quasi-monopole du commerce de boissons alcoolisées au Québec. Il doit revoir ses exigences à l’égard de la productivité et fixer des objectifs clairs en ce qui a trait à l’efficacité de la société d’État.

«[La SAQ] se doit d’être efficace, a affirmé Robert Gagné à TC Media. Si elle ne l’est pas, soit que les dividendes versés au gouvernement ne seront pas aussi importants, soit que les prix seront plus élevés [qu’ils pourraient l’être]. C’est la société ou les consommateurs qui sont perdants.» Selon M. Gagné, le gouvernement a pourtant des exigences d’efficacité envers d’autres organismes, «comme le système scolaire ou ce qui touche les infrastructures de transport, parce que ce sont des centres de coûts.»

La SAQ fait remarquer que si la période étudiée est de plus de 25 ans, des efforts de productivité ont été mis en place depuis 2006, ce qui donne des résultats positifs, surtout dans les deux dernières années.« Les gains d’efficience ont déjà permis la mise en place de mesures concrètes, au bénéfice du client, a soutenu la société d’État dans un communiqué en réponse au rapport. Pensons notamment à la baisse de prix de 0,50 $ sur 1 600 vins courants et en approvisionnement continu, entrée en vigueur le 9 novembre dernier»

Le ministère des Finances, de son côté, souligne que plusieurs facteurs de productivité scruté dans l’étude sont en augmentation à la SAQ, même s’«il y a encore de la place pour l’amélioration». «Depuis 2004-2005 le ratio de charges sur les ventes nettes est passé de 25,2 % à 18,6 %. La SAQ se distingue également en termes de croissance des ventes et de qualité de service», a indiqué à TC Media Audrey Cloutier, porte-parole du ministère. Celle-ci rappelle que la SAQ injecte plus d’un milliard de dollars par an dans les services publics.

L’étude a calculé la productivité de la SAQ selon deux indicateurs (la productivité au travail et la productivité multifactorielle), développés à partir des états financiers de la société d’État.

D’autres sociétés d’État seront étudiées

Le Centre sur la productivité et la prospérité de HEC Montréal a aussi dans sa mire l’étude de l’efficacité de Loto-Québec et de Hydro-Québec.

  • Le cas de la SAQ a été étudié en premier lieu, puisque ces données ont été les plus faciles à obtenir.
  • Selon Robert Gagné, Hydro-Québec est la moins transparente des trois sociétés d’État étudiées, ce qui complique le travail d’analyse.

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