Gracieuseté - Glencore Canada Plusieurs mines au Québec sont contrôlées par des sociétés étrangères. C’est notamment le cas de Bracemac-McLeod à Matagami, une mine de zinc propriété de la société Glencore, dont le siège social est localisé à Baar en Suisse.

En 2015, près de la moitié des investissements liés à l’aménagement de mines au Québec étaient sous contrôle étranger. Pour l’Association minière du Québec (AMQ), ce n’est pas une mauvaise chose, bien au contraire.

Dans son bilan annuel Mines en chiffres, l’Institut de la statistique du Québec a indiqué que 47,4 % des projets d’aménagement minier réalisés au Québec en 2015 étaient sous le contrôle de sociétés établies à l’extérieur du Canada. Celles-ci étaient principalement basées aux États-Unis, au Luxembourg, en Suisse, en Grande-Bretagne, en France, en Allemagne et en Chine.

C’est près de deux fois plus qu’en 2010, où cette proportion était de 25,3 %. Il s’agit par contre d’un recul important par rapport à 2011, où l’activité minière au Québec avait atteint des sommets. Les investissements étrangers comptaient alors pour 66 % du total.

Seuls 12,8 % des investissements effectués au Québec en 2015 étaient attribuables à des sociétés québécoises. Le haut du pavé était occupé par l’Ontario, avec 66,6 %, suivi de la Colombie-Britannique, avec 23,6 %.

Capitaux étrangers, mais richesse locale
Pour la PDG de l’AMQ, Josée Méthot, il ne faut pas voir la forte présence d’investisseurs étrangers comme un signe de perte de contrôle du Québec sur ses ressources naturelles ni d’un affaiblissement de la filière minérale.

«Bien sûr que nous apprécierions si plus de Québécois investissaient dans notre secteur d’activité. Or, l’aménagement d’une mine coûte plusieurs centaines de millions de dollars, parfois même un ou deux milliards. Les sources capables d’allonger des capitaux aussi importants sont très rares au Québec», a-t-elle fait observer.

Le Québec aurait donc besoin, selon Mme Méthot, de ces sources de financement étrangères. «Ces sociétés achètent des produits et des services chez nous, ils créent des emplois chez nous, et ce, aussi bien directs qu’indirects, et ils paient des impôts et des redevances, encore là chez nous», a-t-elle fait valoir.

Le Québec traîne encore de la patte
L’AMQ s’inquiète cependant de voir le Québec continuer à traîner de la patte parmi les juridictions mondiales les plus favorables au développement minier.

De 2007 à 2010, il occupait le premier rang à cet effet, selon l’enquête annuelle de l’Institut Fraser. Par la suite, en raison des incertitudes entourant la révision de la Loi sur les mines et du calcul des redevances, il a sans cesse reculé pour tomber au 21e rang en 2013. En 2015, il est redescendu au 8e rang après avoir occupé la 6eplace un an plus tôt.

«Nous devons composer avec beaucoup de nouvelles obligations très coûteuses et plusieurs contraintes, a signalé Josée Méthot. Le gouvernement doit agir pour simplifier la réglementation et réduire l’incertitude, notamment sur le processus d’obtention des autorisations environnementales. Si ça devient trop compliqué de faire des affaires au Québec, les investisseurs vont aller ailleurs. Si l’on veut maintenir une industrie minière forte, capable de créer de la richesse, on a besoin d’eux.»

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