Mario Beauregard / Métro Mélanie Sarazin, présidente de la FFQ.

Grandement affectée par la baisse du financement gouvernemental, la Fédération des femmes du Québec (FFQ) doit maintenant se tourner vers le sociofinancement pour assurer sa survie à court terme.

L’organisation, qui regroupe près de 230 associations de femmes à travers la province, a lancé un appel à l’aide, dimanche.

La FFQ a été forcée de réduire au minimum ses effectifs et ses dépenses. Si rien n’est fait, la prochaine étape pourrait être de simplement mettre la clé sous la porte de l’organisme créé il y a 50 ans par Thérèse Casgrain.

«La situation est critique, a admis Mélanie Sarrazin, l’actuelle présidente de la Fédération. Si rien de majeur n’est fait, cette crise sera la dernière que la FFQ connaîtra, puisqu’elle n’y survivra pas.»

D’après ses dirigeantes, la FFQ subit toujours les contrecoups des années du gouvernement de Stephen Harper, durant lesquelles on a vu une baisse drastique du financement des organismes voués à la défense du droit des femmes. Le passage d’un financement par mission globale à un financement «par projet» a également nui à la capacité de l’organisme d’obtenir des subventions des deux paliers de gouvernements.

«Comment pouvons-nous d’une part prétendre que l’égalité entre les hommes et les femmes est une valeur de notre société, et d’autre part laisser s’éteindre la principale organisation féministe au Québec?» – Martine Eloy, membre du conseil d’administration de la Ligue des droits et libertés

Depuis 2011, le nombre d’employées est passé de sept à deux. L’organisme a aussi été obligé de cesser ses activités temporairement le mois dernier, faute de fonds.

«Cette réduction est un cercle vicieux, moins il y a de travailleuses, plus la proportion de temps à chercher du financement gruge notre capacité à remplir notre mission», a estimé Mélanie Sarrazin.

Actuellement, le financement gouvernemental représente de 15 à 20% du budget de la FFQ. Le reste est assumé par des dons. La situation devrait être inversée selon la présidente.

«Notre fonctionnement de base devrait être assuré par le gouvernement, a jugé Mme Sarrazin. Un mode de financement 80-20 ou 70-30 serait l’idéal pour nous.»

Appel à l’aide

Pour se sortir du rouge, la FFQ interpelle aussi les autres acteurs du milieu communautaire et le public en général en lançant une campagne de sociofinancement.

Aucune cible précise n’a été fixée pour l’instant, l’objectif étant simplement de payer les factures jusqu’au 31 mars.

L’appel de la FFQ est appuyé par plusieurs intervenants, dont l’ensemble des organisations syndicales au Québec, Femmes autochtones du Québec (FAQ), la Ligue des droits et libertés, le Réseau québécois en études féministes, l’auteure Aurélie Lanctôt et le documentariste Will Prosper.

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