OTTAWA — La ministre fédérale de la Santé, Jane Philpott, remet sérieusement en question la crédibilité des conclusions de l’Institut Fraser concernant les délais d’attente dans le système de santé canadien.

Selon l’étude publiée mercredi matin par l’organisme de droite, les délais pour avoir accès à des traitements médicaux spécialisés au Canada ont atteint un niveau record en 2016, le temps d’attente médian s’établissant à 20 semaines alors qu’il était de 9,3 semaines en 1993.

La ministre Philpott a reconnu que les délais d’attente n’étaient pas encore aussi bas qu’elle le souhaiterait. «Dans plusieurs études internationales, le Canada performe moins bien en termes d’accès aux soins et de plusieurs autres indicateurs de qualité. Cela nous préoccupe», a-t-elle dit.

«Nous savons que 15 pour cent des lits d’hôpitaux sont occupés par des gens qui pourraient obtenir des soins à l’extérieur, que cela coûterait moins cher, et que cela aurait un énorme impact sur les listes d’attente», a illustré celle qui a une formation de médecin de famille.

Mais tout cela n’enlève rien au fait que la situation dépeinte par l’Institut Fraser a un déficit de crédibilité, a insisté la ministre Philpott lors d’une mêlée de presse, après la réunion hebdomadaire du caucus libéral.

«Ce n’est pas un rapport scientifique. (…) C’est un sondage d’opinion qui a été fait pour le compte d’une organisation qui s’oppose à la Loi canadienne sur la santé, alors je crois que cela influence fortement leur méthodologie, qui est discutable», a-t-elle plaidé.

Les résultats de l’étude sont basés sur les réponses fournies par des médecins des quatre coins du pays sur une base volontaire.

L’Institut Fraser s’est attardé à l’attente de patients dans 12 spécialités médicales, soit le temps entre l’émission de l’ordonnance par un omnipraticien, la consultation avec un médecin spécialiste et la fourniture des traitements.

Parmi les provinces, la moins longue attente cette année a été de 15,6 semaines, en Ontario. La pire a été relevée au Nouveau-Brunswick, de 38,8 semaines. Au Québec, l’attente est passée de 2015 à cette année de 16,4 à 18,9 semaines, toujours selon le rapport.

Plutôt que de se fier à une étude comme celle de l’Institut Fraser, le gouvernement libéral préfère se tourner vers des analyses plus rigoureuses comme celles de l’Institut canadien d’information sur la santé, a souligné la ministre Philpott.

L’organisme ne fournit pas de temps médian global en ce qui a trait aux délais d’attente, mais offre des statistiques par type de chirurgie.

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