Graham Hughes Graham Hughes / La Presse Canadienne

MONTRÉAL — Après des années de fouilles et de recherches, les responsables du musée montréalais d’histoire et d’archéologie estiment qu’ils peuvent maintenant déterminer l’emplacement et la forme du premier établissement français sur l’île: le fort de Ville-Marie.

Les archéologues du musée Pointe-à-Callière procédaient depuis des années à des fouilles sur le site du fort français, dans le Vieux-Montréal, afin d’en déterminer les dimensions et la forme exactes. Grâce aux travaux menés de 2002 à 2014 par l’École de fouilles archéologiques de Pointe-à-Callière, en partenariat avec l’Université de Montréal, et de la mise au jour en 2015 d’une partie d’un bastion du fort de Ville-Marie, ils soutiennent pouvoir maintenant «reconstituer» le fort de Ville-Marie — sur papier et en maquette.

Louise Pothier, archéologue à Pointe-à-Callière, a expliqué jeudi que c’est la découverte en 2015 de l’une des palissades en bois du nord-ouest du fort, sous un trottoir, qui a permis aux historiens de se faire enfin une idée de l’ensemble de la structure, en recoupant cette information avec d’autres indices contenus dans un traité ancestral.

Le musée Pointe-à-Callière «confirme» donc aujourd’hui que le fort en bois occupait une superficie d’environ 2500 mètres carrés, qu’il était de forme rectangulaire avec quatre bastions construits «en pieux», que son orientation était parallèle au fleuve Saint-Laurent et que son implantation était centrée sur la pointe à Callière.

Et alors que Montréal célébrera en 2017 son 375e anniversaire, un nouveau pavillon du musée Pointe-à-Callière accueillera dès le mois de mai prochain les vestiges du fort de Ville-Marie. Le musée a annoncé jeudi que l’exposition «Ici a été fondée Montréal» rendra bien sûr hommage à Paul de Chomedey de Maisonneuve et à Jeanne Mance, qui avaient fondé Ville-Marie en 1642.

Mais les visiteurs pourront aussi «marcher sur un plancher de verre surplombant les vestiges du fort de Ville-Marie trouvés pendant les différentes campagnes de fouilles». On y verra notamment un foyer amérindien précédant la fondation de Montréal, un puits datant de 1658, la cave d’un bâtiment qui pourrait être un corps de garde, des palissades du fort, des fondations en pierre d’un atelier et une section du mur en pierre du château de Callière.

Le musée rendra aussi accessible un nouveau tronçon de 110 mètres du premier égout collecteur au pays, qui canalisait depuis 1832 la Petite Rivière, située en bordure du fort de Ville-Marie. Le musée promet une «expérience immersive» grâce à un mécanisme de projections sur les parois en pierre de l’égout collecteur, «dans un environnement sonore spécialement créé pour l’occasion».

Mme Pothier a précisé aussi que le musée analyse encore les 250 000 artéfacts retrouvés sur le site depuis le début des fouilles en 2002. Elle rappelle que ces découvertes permettront de mieux comprendre comment vivaient les 51 premiers colons français qui habitaient le fort de Ville-Marie.

Et l’archéologue a encore un souhait bien personnel: retrouver des vestiges de la demeure du sieur de Maisonneuve.

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