OTTAWA — Un politicien russe déplorant le déclin des relations de son pays avec le Canada a laissé entendre, jeudi, que Moscou pourrait être conciliant dans le différend de longue date entourant le contrôle du territoire au pôle Nord.

Igor Tchernychenko, un sénateur de la ville de Mourmansk, a affirmé que la Russie respecterait toute décision des Nations unies sur le contrôle d’une portion des fonds marins de l’Arctique connue sous le nom de dorsale de Lomonossov, qui traverse le pôle Nord. L’ONU n’aura pas le dernier mot, car il reviendra aux pays de négocier une entente en fonction de l’évaluation faite par l’organisation internationale.

M. Tchernychenko, qui se trouvait jeudi à l’Université Carleton, à Ottawa, pour une conférence sur les relations entre le Canada et la Russie — organisée par l’ambassade russe et Affaires mondiales Canada —, a présenté un possible geste d’ouverture de la Russie dans ce dossier comme un exemple de coopération positive entre les deux pays, qui ont des relations difficiles depuis près de dix ans.

Le sénateur en visite au Canada a affirmé que son pays serait disposé à négocier la division du territoire, qui contiendrait, selon des chercheurs, des ressources importantes de pétrole et de gaz.

M. Tchernychenko a qualifié de «très triste» le déclin du commerce entre les deux pays depuis notamment que le Canada s’est joint à des alliés pour imposer des sanctions à la Russie relativement à l’annexion de la Crimée en 2014 et au soutien russe aux rebelles en Ukraine.

L’ambassadeur de la Russie au Canada, Alexander Darchiev, a dit croire qu’une nouvelle coopération concernant l’Arctique pourrait être l’étincelle ravivant les relations de manière plus large, incluant une possible coopération dans le combat contre le terrorisme et des liens d’affaires plus étroits.

«C’est une très bonne chose que notre dialogue bilatéral ait été relancé. L’isolement que s’est imposé le Canada à l’égard de la Russie est terminé», a dit M. Darchiev en entrevue.

Il ne faut pas précipiter les choses, a prévenu Joseph Pickerill, un porte-parole du ministre des Affaires étrangères Stéphane Dion.

«Les entreprises russes et canadiennes sont libres de profiter des occasions commerciales dans chacun des marchés, pourvu que leurs projets respectent les sanctions du Canada contre le régime», a indiqué le porte-parole par courriel.

«Néanmoins, notre réengagement diplomatique ne signifie pas que c’est « business as usual » avec la Russie», a dit M. Pickerill.

En fait, la coopération canadienne avec la Russie devra se limiter à l’Arctique en raison de divergences majeures sur l’Ukraine et le soutien de la Russie au régime de Bachar el-Assad en Syrie, a souligné Whitney Lackenbauer, historienne à l’Université St. Jerome, à Waterloo, en Ontario.

Selon le professeur de droit international Michael Byers, de l’Université de la Colombie-Britannique, Moscou tente désespérément de faire lever des sanctions et s’affaire, pour cette raison, à améliorer les relations dans n’importe quel domaine.

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