Ryan Remiorz Ryan Remiorz / La Presse Canadienne

MONTRÉAL — Quelque 1200 délégués sont attendus au congrès triennal de la FTQ, qui aura lieu toute la semaine prochaine à Montréal, pour discuter notamment d’inégalités sociales et de changements climatiques.

Au cours d’une entrevue à La Presse canadienne, le président de la FTQ, Daniel Boyer, a exprimé sa volonté de «pousser l’accélérateur» pour que ses membres s’engagent plus à fond dans l’action politique.

Mais il entend «action politique» dans son sens large, à savoir faire bouger la société. Et cela passe par le combat pour obtenir le salaire minimum à 15 $ et la lutte contre les clauses de disparité de traitement dans les conventions collectives — ces régimes de retraite à deux vitesses, entre autres.

Et cette action politique passe aussi par le questionnement des choix gouvernementaux en matière de création d’emplois, de formation de la main-d’oeuvre, de politique industrielle et d’innovation, souligne le président de la plus grande centrale syndicale du Québec, forte de plus de 600 000 membres.

«Nous, on n’a jamais dit non à l’aide aux entreprises. Ce à quoi on dit non, ce sont les passes gratuites qu’on leur donne. Quand on baisse leurs impôts, quand on baisse leurs taxes sur la masse salariale, et qu’on n’exige rien en retour et qu’on coupe dans nos services publics, on crie, on crie», s’exclame Daniel Boyer.

«Ce qu’on dit, c’est qu’on est prêt à baisser les impôts des entreprises, mais il faudrait peut-être exiger en retour qu’elles créent des jobs, qu’elles réinvestissent pour améliorer leur productivité, qu’elles soient innovatrices et qu’elles décident de s’en aller vers des économies vertes et durables», a plaidé le président de la FTQ.

Le débat sur les changements climatiques, par exemple, n’est pas monolithique au sein de la centrale syndicale. Ainsi, la FTQ-Construction et le syndicat des Teamsters (un syndicat pancanadien dont certains membres travaillent dans l’industrie des oléoducs) appuient le projet Énergie Est de TransCanada, au nom de la création d’emplois. Mais la FTQ est contre, pour des raisons environnementales et d’acceptabilité sociale.

Une Déclaration de politique sur les changements climatiques doit justement être débattue au congrès mercredi prochain.

«On est rendu là. La planète s’est donné des objectifs ambitieux et il faut les atteindre. Mais nous, on se dit qu’il ne faut pas laisser les choses aller. Le marché ne va pas s’autoréguler. Nous, on représente des gens qui ont des jobs. Et ça va avoir un impact sur les régions, sur différents secteurs d’activité. On doit être présent sur toutes les tribunes pour revendiquer une transition juste vers des emplois verts», a revendiqué M. Boyer.

M. Boyer et le secrétaire général de la FTQ, Serge Cadieux, sollicitent tous deux un renouvellement de mandat.

Les congressistes de la FTQ recevront également de la visite syndicale, celle d’un représentant du Bureau international du travail, du Congrès du travail du Canada, du président de la CSN, Jacques Létourneau, et de la présidente de la CSQ, Louise Chabot.

Près de 300 observateurs sont également attendus au congrès.

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