TORONTO — Le gouvernement libéral de Justin Trudeau a retardé l’annonce de sa décision quant au sort des projets d’oléoducs de Northern Gateway et de la Ligne 3.

La ministre fédérale de l’Environnement a qualifié l’industrie du pétrole et du gaz naturel de «passerelles essentielles» vers une économie sobre en carbone.

Dans son allocution lors d’un événement tenu par la Chambre de commerce de Toronto, Catherine McKenna a déclaré que le gouvernement n’est toujours pas en mesure de dévoiler sa décision sur l’oléoduc Northern Gateway ainsi que le remplacement de la Ligne 3 d’Enbridge. Elle a ajouté que la décision serait rendue publique «sous peu».

En dépassant la date limite de vendredi, Ottawa s’est attiré les foudres de ceux qui souhaitent voir ces projets aller de l’avant, dont la leader parlementaire des conservateurs fédéraux.

Vendredi, Candice Bergen a réclamé leur mise en oeuvre devant des journalistes, au nom de la création d’emplois et de la compétitivité avec les États-Unis.

La ministre McKenna a refusé de fournir des détails sur les délibérations en ce sens, assurant simplement que tout projet est soumis à des consultations et à une évaluation environnementale «rigoureuse».

«Nous savons que nous sommes dans une transition vers un futur sobre en carbone, a-t-elle lancé. Ça ne se fera pas du jour au lendemain. Le pétrole et le gaz font partie de cette transition.»

Si Enbridge obtient le feu vert pour remplacer sa Ligne 3, il s’agira de la première expansion d’un pipeline de sables bitumineux sous le gouvernement de Justin Trudeau.

L’oléoduc, qui se déploie de l’Alberta jusqu’à l’État américain du Wisconsin, pourrait ainsi voir sa capacité doubler. La société pétrolière a présenté ce projet comme essentiel à son entretien et à la sécurité.

L’Office national de l’énergie a recommandé son approbation au mois d’avril, en y rattachant cependant 89 conditions.

Ce projet de 7,5 milliards $ permettrait de porter ses exportations quotidiennes de 390 000 à 760 000 barils. Avec l’obtention de certaines autorisations et l’ajout de stations de pompage, le pipeline aurait le potentiel de canaliser jusqu’à 915 000 barils de pétrole brut par jour.

Enbridge emploie actuellement à capacité réduite le pipeline qui date des années 1960.

Tandis que l’industrie de l’énergie appuie ce projet, les écologistes décrient la hausse des émissions de gaz à effet de serre qu’il provoquerait.

Ottawa doit également déterminer s’il lancera d’autres consultations auprès des Premières Nations relativement au projet Northern Gateway.

La Cour d’appel fédérale a tranché plus tôt cette année que le gouvernement de Stephen Harper avait manqué à son devoir de les consulter.

Ce second projet d’Enbridge comprendrait deux pipelines, l’un qui acheminerait le sable bitumineux d’Alberta vers un port de Kitimat, en Colombie-Britannique, et l’autre qui transporterait du condensat de gaz naturel en sens inverse.

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