FRED CHARTRAND FRED CHARTRAND / La Presse Canadienne

MONTRÉAL — Si plusieurs pleurent le décès du héros national cubain Fidel Castro, sa mort n’aura pas d’impact significatif sur les relations que le Canada entretient avec l’île des Caraïbes, croit une professeure du département d’Histoire de l’Université Queens, à Kingston, Karen Dubinsky.

Les liens entre le Canada et Cuba reposent sur un «long historique» qui n’est pas près d’être chamboulé, a soutenu cette spécialiste de la société cubaine.

Le Canada est le pays qui envoie le plus de touristes en sol cubain et de nombreux entrepreneurs canadiens y sont établis depuis des années, a-t-elle relevé en entrevue avec La Presse canadienne.

Le passage récent de Justin Trudeau à Cuba démontre selon l’experte l’ampleur de la relation entre les deux gouvernements, mais aussi «de personne à personne».

Le père du premier ministre canadien, Pierre Elliott Trudeau, était un des rares politiciens occidentaux à avoir tissé un lien d’amitié avec Fidel Castro, dans les années 1970, en dépit de l’embargo imposé à l’île par les États-Unis.

Le «lider maximo», dont la santé était chancelante depuis de nombreuses années, avait déjà passé le flambeau du pouvoir à son frère Raul Castro, a par ailleurs souligné Mme Dubinsky, ouvrant ainsi la voie à son départ définitif.

«Il n’y a aucune raison de croire que ces choses vont changer. Surtout (dans le contexte) où Fidel Castro n’est plus au pouvoir depuis 10 ans et que Raul Castro a contribué aux négociations pour rebâtir les relations internationales (de Cuba).»

Les politiques d’ouverture économique de Raul Castro ont permis aux Canadiens de multiplier les occasions d’affaire dans ce pays d’Amérique latine, croit la professeure.

Elle s’inquiète néanmoins des conséquences qu’aura l’élection de Donald Trump, aux États-Unis, sur les relations canado-cubaines. Si Justin Trudeau a assuré que celles-ci demeureront inchangées, Mme Dubinsky s’est dite à demi-rassurée.

«Je ne suis convaincue de rien quand il s’agit de Donald Trump», a-t-elle lancé.

Mme Dubinsky a par ailleurs tenu à souligner le départ d’une «figure politique d’une importance historique», ajoutant qu’elle ne voulait surtout pas minimiser la portée symbolique du décès de Fidel Castro.

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