Ottawa assouplit l’accès à un programme de financement d’infrastructures de sécurité pour les synagogues, mosquées et autres lieux de rassemblement de communautés qui risquent d’être la cible de vandalisme ou d’actes haineux.

Le programme pourra dorénavant financer des projets pour des groupes qui se croient à risque même s’ils n’ont pas été victimes d’un acte haineux.

Le Programme de financement des projets d’infrastructure de sécurité pour les collectivités à risque (PFPIS) continuera de financer jusqu’à 50 pour cent du coût total d’un projet. Ce financement pourra encore atteindre 100 000 $, mais dorénavant, Ottawa paiera aussi pour les travaux faits à l’intérieur des bâtiments.

En annonçant l’assouplissement des critères d’accès à ce programme, le ministre de la Sécurité publique, Ralph Goodale, a révélé qu’Ottawa ne réussissait pas à dépenser le million de dollars par année budgété pour l’initiative.

«C’était en partie parce que les gens trouvaient les critères d’admissibilité trop difficiles à remplir et en partie parce que l’existence même du programme n’était pas assez connue», a expliqué le ministre lors de son annonce, lundi matin.

Jusqu’à maintenant, le programme a approuvé 189 projets. Il a été créé il y a neuf ans. Le ministère de la Sécurité publique a été incapable de dire quelles portions des budgets de ces neuf années ont été dépensées.

Le ministre, lui, assure que le problème est bien réel et qu’il faut diminuer «l’anxiété» des groupes qui se croient des cibles potentielles.

À compter du 1er décembre prochain, Ottawa acceptera les demandes de financement deux fois par année.

En réponse aux questions répétées des journalistes, le ministre Goodale a refusé de faire un quelconque lien entre son annonce et ce que plusieurs considèrent comme une montée de l’intolérance et du racisme depuis l’entrée en scène de Donald Trump.

«Nous avons commencé à travailler sur ce programme longtemps avant les élections américaines et longtemps avant le Brexit. Nous travaillons sur cette initiative depuis plusieurs mois», a assuré le ministre.

«Ni la controverse en Europe, ni les événements aux États-Unis n’ont déclenché cette discussion au Canada», a-t-il insisté.

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