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MONTRÉAL — Le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs s’est empressé de corriger une situation dénoncée par un groupe environnementaliste, mardi, après que celui-ci eut exprimé son exaspération devant le refus du ministère de publier des études sur le caribou forestier dans la zone des Montagnes Blanches, dans la forêt boréale québécoise.

Plus tôt dans la journée, la Société pour la nature et les parcs (SNAP Québec) avait demandé au gouvernement du Québec de rendre publiques quatre études touchant à la protection du caribou forestier, dont une qu’il avait en mains depuis quatre ans et les trois autres depuis près d’un an.

L’organisme avait mis en cause les motifs pour lesquels le ministère refusait de dévoiler ces études, soulignant que la planification forestière en vue d’une exploitation de la ressource était déjà en cours, et ce, dans des secteurs qui ont été identifiés dans ces études comme devant être protégés.

Dans les heures suivant la sortie de la SNAP, un représentant du ministère a communiqué avec La Presse canadienne afin de donner l’assurance que les quatre études en question seraient mises en ligne l’après-midi même.

Deux de ces rapports — l’un déposé il y a quatre ans, l’autre en décembre 2015 — identifient des secteurs prioritaires pour la création d’aires protégées pour le caribou forestier. La SNAP, qui a participé à l’Équipe de rétablissement du caribou forestier au Québec qui les a préparés, estimaient que ces documents devaient être publiés pour ajouter au débat public.

L’organisme faisait valoir que Québec travaille à la fois sur l’élaboration d’une grande aire protégée pour le caribou forestier dans le secteur des Montagnes Blanches et, en même temps, sur la planification de coupes forestières dans le secteur au nord du Lac Manouane, situé dans les Montagnes Blanches. Or, ce secteur a justement été ciblé dans les deux rapports en question comme étant prioritaire pour le rétablissement du caribou.

Les Montagnes Blanches sont un territoire de 2,3 millions d’hectares situés dans la forêt boréale et chevauchant les régions administratives du Saguenay-Lac-St-Jean, de la Côte-Nord et du Nord-du-Québec.

Les deux autres études, réalisées sous l’égide du ministère qui les a entre les mains depuis près d’un an, touchent les impacts socio-économiques du rétablissement du caribou forestier, classé parmi les espèces menacées depuis 2002 par le gouvernement fédéral.

La première démontre que ce rétablissement réduirait de 4 à 15 pour cent la récolte potentielle de bois, selon le scénario envisagé. L’organisme souligne que cet impact est beaucoup moins élevé que ce qui était craint par l’industrie et fait valoir par ailleurs que l’industrie n’a récolté annuellement que 80 pour cent de la possibilité de bois résineux disponible entre 2000 et 2012, de sorte que l’impact économique de la protection de ces zones apparaît minime.

La SNAP estime que ces données démontrent qu’il y a une certaine marge de manoeuvre pour le rétablissement du caribou et le maintien des emplois forestiers.

La deuxième étude, quant à elle, avance des pistes de solutions concrètes et précises pouvant être mises en oeuvre dans l’aire de répartition du caribou.

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