MONTRÉAL — La quasi-totalité des employés des publications francophones de Rogers Communications ont appris mardi qu’ils perdaient leur emploi après que le conglomérat eut fait le point sur trois magazines.

Après le 31 décembre, 60 travailleurs répartis au sein de «L’actualité», la version francophone de «Châtelaine» et «Loulou» devraient avoir quitté. Il ne devrait rester qu’une vingtaine d’employés. Des indemnités de départ sont toutefois prévues.

«L’acheteur potentiel pour L’actualité est toujours en négociation et ne prévoit pas effectuer la transition avec l’équipe actuelle», a indiqué Karl-Philip Marchand Giguère, chef des affaires publiques et communications chez Rogers Média.

Selon des informations obtenues par La Presse canadienne, cet éventuel repreneur voudrait réviser à la baisse les conditions de travail des employés de «L’actualité».

En début de journée, les employés de l’entreprise avaient été rencontrés pour faire le point sur ces trois publications, initialement mises en vente le 30 septembre, lorsque Rogers avait annoncé son intention de se retirer complètement du marché francophone afin de se concentrer sur ses propriétés de langue anglaise.

Ainsi, si Rogers a décidé de conserver la version francophone de «Châtelaine», dont la publication sera réduite à six numéros par année, le couperet tombe sur le magazine de mode féminine «Loulou», qui, faute d’un repreneur, cessera de publier à la fin de l’année.

«Bien que nous soyons ravis que Châtelaine demeure dans notre portefeuille, nous avons dû prendre des décisions difficiles en ce qui a trait à L’actualité et à Loulou, car ces magazines ne s’inscrivent plus dans notre stratégie en matière de contenu», a expliqué le premier vice-président, Contenu et édition numériques chez Rogers Média, Steve Maich, par voie de communiqué.

Dans le reste du pays, Rogers a décidé de mettre fin aux versions imprimées des magazines «Flare», «Sportsnet», «MoneySense» et «Canadian Business», qui seront seulement offerts en version numérique.

Quant au sort qui attend «L’actualité», des informations devraient être communiquées dans «les prochaines semaines».

«Nous suspendrons la publication si nous ne pouvons pas conclure d’entente d’ici la fin de l’année, a indiqué M. Marchand Giguère. À ce moment, nous déciderons si nous continuons de chercher un acheteur ou si nous adoptons une autre orientation stratégique.»

Au cours d’une entrevue accordée à La Presse canadienne plus tôt ce mois-ci, l’homme d’affaires Alexandre Taillefer s’était dit intéressé à cette publication, tout en prenant soin d’ajouter qu’aucune entente n’avait été conclue. Celui-ci avait toutefois indiqué qu’une entente de confidentialité était en place avec Rogers. Il n’a pas été possible de rejoindre M. Taillefer, mardi.

En avril 2015, le groupe XPND Capital, dont M. Taillefer est l’associé principal, avait mis la main sur une participation de 49 pour cent dans Communications Voir, une entreprise fondée en 1986 et propriétaire notamment du journal Voir, Boutique Voir ainsi que du Guide Restos Voir.

La semaine dernière, M. Taillefer avait annoncé, avec le cofondateur du Cirque du soleil Guy Laliberté, un investissement dans la plateforme de monétisation de la publicité Média Boutique afin d’élargir le modèle conçu par Communications Voir depuis 2012 dans lequel les annonceurs paient la publicité en cartes-cadeaux. Celles-ci sont par la suite revendues par le média.

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