CALGARY — Un comité d’enquête du Conseil canadien de la magistrature recommande de révoquer le juge de Calgary qui avait demandé à une victime présumée d’agression sexuelle pourquoi elle n’avait pas serré davantage les genoux.

Le comité du Conseil canadien de la magistrature qui a étudié la plainte a conclu que la conduite du juge Robin Camp «a porté si manifestement et si totalement atteinte aux notions d’impartialité, d’intégrité et d’indépendance de la justice qu’elle ébranle suffisamment la confiance de la population pour le rendre incapable de s’acquitter des fonctions de sa charge».

Le juge Camp, nommé plus tard à la Cour fédérale, a présenté par la suite ses excuses pour son comportement «brusque et insultant» face à la plaignante de 19 ans lors du procès en Cour provinciale de l’Alberta, en 2014 à Calgary.

La transcription des procédures révèle que le juge Camp s’est plusieurs fois adressé à la présumée victime d’agression sexuelle en l’appelant «l’accusée». Il lui a aussi demandé pourquoi elle n’avait pas su garder les genoux bien serrés pendant le viol présumé, et il a déclaré que «sexe et douleur font parfois bon ménage».

Le juge Camp avait finalement acquitté l’accusé, Alexander Wagar, mais ce verdict a été infirmé par la Cour d’appel, qui a ordonné la tenue d’un nouveau procès. Les témoignages à ce deuxième procès ont été entendus plus tôt ce mois-ci.

Le Conseil canadien de la magistrature va maintenant examiner le rapport du comité d’enquête, après avoir donné au juge Camp l’occasion de présenter des observations écrites. Le Conseil formulera ensuite sa recommandation à la ministre fédérale de la Justice.

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