DARRYL DYCK DARRYL DYCK / La Presse Canadienne

VANCOUVER — La première ministre de la Colombie-Britannique estime qu’Ottawa est bien près de remplir les cinq conditions imposées par son gouvernement pour qu’il approuve le nouveau projet d’oléoduc Trans Mountain.

Christy Clark a indiqué mercredi que son gouvernement planche toujours avec Ottawa sur les mesures d’intervention en cas de déversement. Victoria souhaite par ailleurs obtenir des assurances concrètes sur la création d’emplois et les retombées économiques de ce projet pour la province.

Le premier ministre Justin Trudeau a annoncé mardi l’approbation par le cabinet du projet de l’entreprise Kinder Morgan de multiplier par trois la capacité de son oléoduc Trans Mountain, qui relie les sables bitumineux de l’Alberta à son terminal maritime du port de Burnaby, près de Vancouver — en passant par le parc national de Jasper.

La première ministre Clark espère que les cinq conditions posées par le gouvernement de la Colombie-Britannique pour les grands projets pétroliers seront remplies avant les élections générales de mai prochain dans cette province. Ce sujet risque fort d’être un enjeu majeur lors de la campagne électorale.

Le nombre de pétroliers qui mouilleront au port de Vancouver sera multiplié par sept lorsque le nouvel oléoduc Trans Mountain entrera en service. Les maires de la région, les communautés des Premières Nations et les environnementalistes estiment que les risques de déversement de bitume dilué seront alors beaucoup trop élevés.

Mme Clark croit que le premier ministre Trudeau devrait maintenant venir expliquer en Colombie-Britannique pourquoi son gouvernement considère qu’il en va de l’intérêt national d’approuver l’oléoduc, un projet de 6,8 milliards $.

La première ministre de l’Alberta, Rachel Notley, a indiqué de son côté qu’elle se rendra en Colombie-Britannique dès la semaine prochaine afin de plaider la cause de Trans Mountain. Elle expliquera que sa province pose déjà plusieurs gestes concrets afin de réduire les émissions de gaz à effet de serre, notamment en plafonnant les émissions de l’industrie des sables bitumineux.

Le gouvernement fédéral a aussi accepté, mardi, qu’Enbridge double la capacité de sa Conduite 3, qui relie déjà l’Alberta au Wisconsin, en passant par le sud de la Saskatchewan et du Manitoba.

Par contre, Ottawa rejette le projet d’oléoduc Northern Gateway, d’Enbridge, qui aurait relié l’Alberta au port intérieur de Kitimat, dans le nord-ouest de la Colombie-Britannique, en traversant la forêt pluviale de Great Bear. Le premier ministre Trudeau a aussi promis d’enchâsser dans une loi le moratoire décrété sur la navigation des pétroliers au large de la côte nord de la Colombie-Britannique.

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